Pay. 233. — 2. Paj. 251. — 3. Exposit., art. xiii
SUR L'EUCHARISTIE
» (lu'clle ne soit un signe dans ce qu'élit; a d'exlé- » rieur et de sonsilile; mais un signe de telle na- » ture, que, bien loin d'exclure la réalité, il l'era- » porte nécessairement avec soi; puisqu'on elTel » cette parole ; Ceci est mon corps, prononcée sur » la matière que Jésus-Christ a choisie, nous est » un signe certain qu'il est présent. » On peut voir le reste dans VExposition: et on verra que la chose y est expliquée, autant que le demandait le dessein de ce traité. Cependant l'auteur me répond qu'on a peine à comprendre mon raisonnement ; et il m'accuse de donner le change , et de prouver la question par la chose qui est en question ' .
C'est en vérité une étrange manière de raisonner que celle dont se sert cet auteur. Il ne veut pas qu'il soit permis de tirer les conséquences légitimes des fondements qu'on a établis; et aussitôt qu'on le fait, il dit qu'on prouve la question par ce qui en est question; comme si tout ce qui précède, et tout ce qui sert de preuve, était inutile.
lion traité n'était jias fait pour entrer en preuve, et je m'en étais d'abord assez expliqué : et toutefois ayant aperçu que la doctrine de nos adversaires, telle qu'elle -est exposée dans leur Catéchisme et dans leur profession de foi, fournissait des preuves certaines de la présence réelle, je les avais proposées, afin que nos adversaires pussent être amenés à la vérité par leurs principes, s'ils n'avaient pas encore l'esprit ouvert à la simplicité des noires.
J'achève ce dessein dans le douzième article de l'Exposition; et j'avais préparé les choses dans le dix et dans le onze, comme je l'ai déjà remarqué ailleurs. Dans les articles suivants, je ne fais qu'exposer les suites de la présence réelle : et il m'accuse aussitôt de supposer ce qui est en question. Que veut-il donc que je fasse? veut-il que je recommence éternellemenf ce que j'ai dit une fois? ou bien est-ce qu'il veut empocher que je ne montre les suites de la doctrine que j'ai exposée?
S'il ne l'a pas entendue, je ne m'en étonne pas, à voir la manière dont il l'a rapportée-. Je perdrais trop de temps à montrer qu'en changeant mes termes, il obscurcit mes pensées. Il vaut mieux aller, s'il se peut, à la source de son erreur, et étendre un peu davantage ce que la brièveté du style de V Exposition , ne lui a peut-être pas assez découvert. Qu'il se souvienne seulement qu'en cet endroit de la dispute, il ne s'agit pas d'établir la réalité, mais d'examiner seulement si les conséquences que j'en lire sont solides et naturelles.
Je dis donc que Jésus-Christ, en nous donnant son corps et son sang invisiblement présents, nous a donné en même temps un objet sensible, lorsqu'il a dit. Prenez et manijez.
Il eût été contre son dessein de se découvrir à nos yeux dans un mystère qu'il instituait pour exercer notre foi; et l'élat de cette vie ne permet pas que les merveilles qu'il opère pour notre salut soient aperçues de nos sens. Quand donc on supposerait avec nous qu'il change le pain en son propre corps, il faudrait reconnaître que ce changement ne devait pas être sensible; et par conséquent qu'à l'égard des sens, il n'y aurait rien de changé.
Quelle est celte raison, dit l'auteur', pour établir un dogme comme celui-ci? Mais ne veut-il pas con-