‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 131 sur 545 · P'i). sr · texte numérisé non relu

P'i). sr

SUR L'EUCHARISTIE

le sera seulement lorsque nous le recevrons; car relïet des paroles de Jésus-Christ ne dépend que de leur propre etTicace, sans qu'il soit besoin d'attendre autre chose. Au reste, les prétendus réformés disputent avec nous à la vérité, s'il faut entendre ces paroles au sens littéral, ou seulement au sens figuré; mais ils ne nous disputent pas que, quoi que Jésus-Christ ait voulu faire, il ne l'ait fait dès le moment qu'il eut parlé. Et comme ceux qui embrassent le sens figuré doivent dire que le pain fut établi comme la ligure du corps, dés que Jésus- Christ eut dit : Ceci est mon corps; ceux qui embrassent le sens littéral doivent penser, au contraire, que n'étant pas plus diflicile à Jésus-Christ défaire des choses que d'instituer des signes, l'effet de sa parole n'a pas été suspendu un seul moment, et que son corps fut présent dès que ces paroles furent prononcées. Ainsi il ne s'agit entre nous que du sens littéral ou figuré; et j'ai eu raison de dire que, supposé le sens littéral, notre doctrine est indubitable.

Mais de là il s'ensuit encore que la consécration et la manducalion sont deux actions distinguées; et on ne peut non plus contester ce que j'ai dit dans VExposilion, que la consécration, comme distinguée de la manducalion, ne soit d'elle-même agréable à Dieu. Car qu'y a-t-il pour lui de plus agréable, que de lui mettre devant les yeux son Fils unique présent au milieu de nous, et de nous présenter nousmêmes avec lui devant sa face? En un mot, en repassant toute la doctrine que j'ai proposée touchant le sacrilice de l'Eucharistie , on verra qu'elle est enfermée dans ce seul principe, que le corps de Jésus-Christ est présent aussitôt que les paroles sont prononcées : et quand l'auteur aurait nié cette vérité , chacun pourrait s'en convaincre par la seule lecture de VExposition. Mais il a procédé de meilleure foi; et bien loin d'avoir contredit ce que j'ai avancé sur ce sujet, il a déclaré expressément qu'il n'avait rien sur cela à nous reprocher. « La réalité, » dit-il ', ou la présence réelle telle que l'Eglise ro- » maine la croit par un changement de la substance B du pain en celle du corps de Jésus-Christ, iminé- II diatemcnl après que ces paroles. Ceci est mon » corps, ont été prononcées, est le fondement du » sacrifice de la messe et de l'adoration de l'hostie; » c'est le sens de la première proposition de M. de » Condom, sur lequel nous n'avons rien à dire. »

Il tâche de faire voir en ce lieu que mon raisonnement n'est pas droit ; il marque ensuite les propositions où il croit que je ne raisonne pas droitetement; nous aurons sujet d'en parler ailleurs, et on verra qui se détourne de lui ou de moi. Mais en attendant , il avoue que sur la première proposition, il n'a rien à dire, et il doit passer pour constant, de l'aveu des prétendus réformés, que s'il est \rai que Jésus-Christ soit présent immédiatement après que les paroles ont été prononcées , il n'y a plus rien à dire sur le sacrilice. Or nous avons déjà vu que cette proposition n'a plus de diiïlculté, supposé le sens littéral, et qu'eu efl'et elle ne nous a pas été contestée. Il n'y a donc à disputer, entre nous , que du sens littéral , et le reste de notre doctrine est indubitable.

Au reste, on peut remarquer, dans VExposition,

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