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que les catholiques prouvent la doctrine du sacrifice par la seule présupposition de la présence réelle, sans qu'il soit besoin pour cela du changement de substance. Si toutefois ce changement facilite à l'auteur de la Réponse, l'intelligence de notre doctrine sur le sacrifice, comme il semble l'insinuer au lieu que je viens de produire , il peut se satisfaire là-dessus, et n'a qu'à se souvenir que le changement de substance est enfermé dans le sens littéral , et que ce sont les auteurs et les synodes de sa communion, qui l'enseignent ainsi avec nous : de sorte qu'il est certain, de quelque côté qu'on se tourne, que, supposé le sens littéral, il n'y a rien à nous contester sur toutes les autres parties de notre doctrine.
L'exposition de notre croyance a déjà produit un grand fruit, puisqu'elle a fait connaître aux prétendus réformés que le sacrifice de l'Eucharistie , pour lequel ils ont tant de répugnance, est compris dans une doctrine qui, selon eux, n'a aucun venin, c'est-à-dire , dans la doctrine de la présence réelle. Mais nous lirons encore de là une autre utilité trèsconsidérable. Nous avons sujet d'espérer qu'on cessera désormais de nous objecter que le sacrifice que nous célébrons anéantisse celui de la croix; puisqu'ayant fait voir que cette objection n'a de fondement que sur de fausses idées , l'anonyme laisse sans réplique tout ce que j'ai dit sur ce sujet.
XVII. Réponses aux difficultés tirées de l'Epître aux Hébreux. — Bien plus , comme les principaux arguments qu'on nous oppose sur cette matière, sont tirés de lEpitre aux Hébreux, j'ai fait un article exprès', pour montrer que nos sentiments n'alTaiblissent en aucune sorte ce que saint Paul y enseigne touchant la perfection du sacrilice de la croix; et j'ai fait voir, au contraire, que les objections qu'on nous fait ne peuvent pas subsister, sans renverser la doctrine de cette même Epitre aux Hébreux, qu'on fait tant valoir contre nous. On peut revoir en un moment, ces endroits de VExposition, et on verra que l'auteur les a laissés sans réplique.
C'était néanmoins ici un point essentiel à notre dispute, puisque j'avais marqué, dans VExposition, qu'un des principaux fruits que j'en espérais , c'est qu'on verrait que notre doctrine s'accordait parfaitement avec les articles fondamentaux de la religion chrétienne. C'était là aussi un des deux points sur lesquels l'anonyme avait promis de répondre; et puisqu'il ne nous dit rien sur cela , il faut assurément qu'il ait vu qu'il n'y a rien à nous dire.
Il est vrai qu'il lire de l'Epître aux Hébreux deux arguments contre nous. j\Iais comme les calvinistes attaquent tous les jours par les Ecritures, la doctrine des luthériens sur la présence réelle, sans soutenir pour cela qu'elle renverse les fondt-ments du salut, c'est aussi autre chose de vouloir détruire le sacrifice de l'Eucharistie; et autre chose, de faire voir qu'il renverse ce grand fondement du salut, c'està-dire, la perfection du sacrilice de la croix.
Si l'auteur veut poser lui-même la force de ses arguments , il avouera qu'ils ne nous attaquent pas par cet endroit-là. Et en effet, voici quels ils sont : le premier est, que si saint Paul avait reconnu la présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, il n'aurait pas dit qu'il est entré , non dans un sanctuaire