F.xposit., art. xv
SLR L'EUCHARISTIE.
Icrresirc, mais dans un sancluairc qui n'est point l'ail de main d'homme. Le second est , que si le nii''mc saint Paul avait reconnu dans l'Eucharistie l'iihlalion que l'Eglise romaine y reconnaît, il n'aurait pas dit, dans la môme Epitrc, que Jésus-Christ ne s'est otïert qu'une l'ois. Tels sont les deux arguments que l'auteur tire contre nous de l'Epitre au.x Hébreux; et on voit qu'ils ne prouvent pas que l'oblation que nous confessons renverse le fondement du salut, non plus que la présence réelle.
Que conclut donc contre moi l'auteur de la Réponse, iniisqu'il laisse sans aucune atteinte ce que j'ai uniquement prétendu dans cet endroit de ÏÈxposition, c'est-à-dire, que notre doctrine sur le sacrilice de l'Eucharistie, telle que je l'ai proposée selon le concile de Trente, ne renverse ni le fondement du salut, ni la dignité infinie du sacrifice de la croix? Mais quand j'aurais à répondre aux difficultés qu'il nous fait, considérées dans leur fond, je pourrais le faire sans beaucoup de peine.
Je me contenterai de marquer ici l'injustice du procédé de nos adversaires : ils ne veulent pas qu'il nous soit permis de dire, que ce qu'enseigne l'apôtre saint Paul de la présence de Jésus-Christ dans le ciel , et de l'oblation qu'il a faite de lui-même par sa mort, n'empêche pas une autre présence, ni une autre sorte d'oblalion, c'est-à-dire, la présence et l'oblation que l'Eglise reconnaît dans l'Eucharistie. C'est répondre, dit l'anonyme', la même chose qui est en question. Il croit se sauver par là , et c'est par là justement qu'il se condamne. Car dèslà même que , de son aveu, la question consiste en ce point; s'il ne m'est pas permis de supposer ce que je dis comme vrai, il ne lui est pas non plus permis de supposer le contraire. La loi doit être égale entre nous; et afin de faire voir combien son procédé est déraisonnable, je le prie de penser ce qu'il répond, quand on combat sa doctrine par ces paroles de Notre Seigneur : Ceci est mon corps ; il répond aussitôt, c'est-à-dire, mon corps en figure. Sans doute on peut dire ici que c'est répondre précisément ce qui est en ([uestion. Mais si je prétendais que notre dispute fut vidée par ce seul reproche, l'anonyme me trouverait-il raisonnable? Au contraire, ne dirait-il pas que si un reproche de cette nature décidait la difficulté, nous aurions raison l'un après l'autre? Car chacun répond à son tour aux objections selon les sentiments qu'il soutient, sauf à les prouver quand il faudra; et les lois de la dispute défendent, non de répondre conformément à sa thèse, mais de la donner pour preuve. X'oilà ce que l'anonyme me répondrait , si je voulais lui fermer la bouche aussitôt qu'il m'alléguerait son sens figuré , sous prétexte que c'est ce qui fait le sujet de notre dispute. Je confesse pour moi qu'il aurait raison , et je le prie seulement de nous faire la même justice. Quand il m'objecte les lieux de saint Paul, où il dit que Jésus-Christ s'est oITert une fois, il m'inq)ose une loi trop dure, s'il ne veut pas (ju'il me soit permis de répondre , comme j'ai fait dans l'Exposition, que le mot d'offrir est équivoque, et qu'on peut mettre tous les jours devant les yeux du Père céleste, Jésus-Christ présent dans l'Eucharistie, sans préjudice de cette unique nblation sanglante, qui est la seule dont parle saint