‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 138 sur 545 · Pag. 2S · texte numérisé non relu

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■ 2, De Hœresih Uœy. xlvi, iom. vin, coi. 14. —

SUU L'EUCIIAKISTII

ik^s hommes, ou il les feint, (car il n'y en eùl jamais de seinlilables) « qui, par erreur, croiraicnl quel- » que divinité dans les images, mais qui ne les » adoreraient pourtant pas , ne croyant pas que la » divinité voulût être adorée dans les images : » et il soutient « qu'ils seraient moins idolAtres ou » moins coupables que ceux en qui les mouvements » du cœur suivraient l'égarement de l'esprit. » Pour moi, je ne craindrai point de lui dire que cet impie qu'il nous représente, qui ne croit pas que ses dieux présents l'obligent à aucun respect, n'en est pas moins détestable, sous prétexte que les moui-emenls de son cœur ne suicenl pas l'égarement de son esprit. Car cela, c'est dire en d'autres paroles, qu'il agit contre sa croyance : et celte excuse, que lui fournit l'anonyme, n'est pas une excuse, mais un nouveau crime. Autrement , il faudrait dire qu'un païen qui, ne connaissant d'autres dieux que ceux de la fable, cl croyant qu'ils sont plus présents dans leurs statues, s'en approcheraitavec tremblement, serait plus méchant que celui qui, ayant la môme croyance , mépriserait ces idoles , les vendrait, pillerait leurs temples, el ne craindrait point d'y commettre toute sorte d'irrévérences. Certainement si c'est une excuse que les mouvements du cœur ne suivent pas l'égarement de l'esprit, plus un païen démentira sa propre croyance, c'est-à-dire, plus il profanera les temples qu'il croit sacrés, el les idoles où il croit ses dieux si présents, plus il sera excusable; et un Denys le tyran qui profane sa religion par toute sorte de sacrilèges , sera en cela plus homme de bien ou plus excusable, que les Fabrice el les Scipion Nasica, qui en gardent respectueusement les cérémonies. La raison ne souffre pas un tel sentiment; et s'il faut chercher des excuses à des hommes dont les excès sont si détestables, on avouera que le païen de bonne foi, qui rend respect à ses dieux où il les croit si présents , est à cet égard, encore plus excusable que l'impie qui nous parait dans l'écrit de l'anonyme.

Voilà ce qu'il attendait pour me reprocher peutêtre que j'aime mieux qu'un païen pousse jusqu'au bout les principes de son idolâtrie, que de demeurer en chemin , faute d'en savoir tirer les conséquences.

Mais je le prie de considérer qu'on pouvait tendre à saint Paul un piège semblable : car encore qu'il improuve ceux qui refusent de manger de certaines viandes', parce qu'ils en croient l'usage illicite; il décide toutefois que celui qui, doutant qu'il lui soit permis d'en manger, ne laisse pas de le faire contre le témoignage do sa conscience, est condamné, parce qu'il n'agit pas selon sa foi^ ; et que c'est un nouveau péché de n'agir pas selon qu'on croit, con. fermement à ce principe que le même saint Paul établit ici : Tout ce qui n'est point selon la foi, c'està-dire, selon la persuasion de sa conscience, est péché.

L'anonyme répondra sans doute que l'homme qu'il nous représente n'agit pas contre sa conscience , puisqu'encoro qu'il croie qu'il y a quelque divinité dans les images, il ne croit pas toutefois ([u'elle veuille y être adorée.

Voici une question dont on ne s'était i)as encore avisé. Les manichéens avaient cru que la nature

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