Art. Vlll
importantes, puisqu'elles sont si essentielles; ni qu'elles sont trop communes, puis(|u'on en rai)porle de moins rares; ni qu'elles sont trop longues à déduire, puisqu'il n'y fallait que peu de lignes. Certainement supprimer dans l'histoire de deux conciles si célèbres, dont nous avons les actes tout entiers, el dont on nous promenait un récit mieux circonstancié (pie celui de tous les autres historiens; supprimer, dis-je, tant de choses sur l'autorité du Pape, qui y devait éclater partout, comme elle fait dans la vérité à toutes les pages, et déguiser tant d'autres faits par de faibles ou de fausses traductions, c'est induire les lidcles à erreur, cl faire perdre à l'Eglise ses avantages.
SIXIÈME RRM.\RQUE.
Dévues et altérations sur la présidence de saint Cyrille dans le concile d'Ejilièse, comme tenant la place du Pape.
Après ce qu'on vient de voir, il ne faut pas s'étonner si notre autour l'ait tant d'efforts pour déposséder le Pape de sa présidence dans le concile d'Ephèse, par les dissimulations et les altérations que nous allons voir. Voici par où il commence' : « Saint Cyrille prend dans la souscription de la » première , de la seconde el de la troisième action, » la qualité de tenant la place de Célestin. » Vous diriez qu'il ne l'aurait pas dans les autres; mais le nouvel historien se trompe en tout. Saint Cyrille n'a jamais pris cette qualité dans les souscriptions : elle lui est donnée dans le registre du concile, à l'endroit où sont rapportés l'ordre, la séance, et la qualité des évèques; et elle lui est donnée, non-seulement dans la première , dans la seconde et dans la troisième action, qui sont celles où M. Dupin s'est restreint; mais encore très -expressément, et en mômes termes dans la quatrième el dans la sixième; et s'il n'en est point parlé dans la cinquième et dans la septième, c'est que la séance n'y est point marquée; mais on sait que c'est toujours en supposant que tout s'y était passé à l'ordinaire. Voilà d'abord un mauvais commencement pour un homme dont on vante tant l'exactilude. Voyons la suite.
SEPTIÈME REM.\RQUE.
Suite des erreurs de M. Dupin sur la présidence de saint Cijrillc.
a Je croirais plutôt, continue-t-il, que saint Cy- » rille ayant eu cette qualité avant le concile, l'a con- » servée dans le concile môme, quoiqu'il ne l'eût Il plus. » Que veulent dire ces mots, a conservé une qualité qu'il n'avait plus? Etait-ce erreur? était-ce mensonge? était-ce entreprise et attentat? Mais le contraire paraît en ce qu'il a conservé celte qualité avec l'approbation de tout le concile môme qui la lui donne, comme on vient de voir; en ce qu'il l'a conservée en iirèsence d'Arcadius, de Projectus et de Philippe, légats spécialement députés au concile; en ce que les légats, loin d'y trouver à redire, approuvent expressément les actes où on la lui donne ; en ce que le pape Célestin ne l'a pas non plus trouvé mauvais; en ce qu'il est demeuré notoire dans tout l'univers, qu'il avait celle qualité dans le concile, et que tous les historiens en