‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 15 sur 545 · ÛS · texte numérisé non relu

ÛS

DES CONCILES D'EPHESE ET DE ClIALCEDOINE.

sont d'accord, comme Tauleur on convient. Il est donc faux que ce patriarche ait pris une qualité qu'il n'arait pas'.

Que sert maintenant de demander « où l'on voit » que le Pape l'ait commis pour assister en son nom n au concile avec ses légats, ou'qu'il lui ait prorogé, » pour cet etTet, le pouvoir qu'il lui avait donné. » Tout cela, c'est disputer contre un fait constant, et opposer les conjectures de Dominis, ennemi de la papauté , à des actes de treize cents ans qu'on n'a jamais révoqués en doute. Nous demandons, à notre tour, pourquoi atïecter dans un concile une qualité (]u'on n'a pas, et qui ne donne aucun avantage, puisque saint Cyrille, à ce que l'on prétend , aurait toujours présidé sans cela '? qu'on nous rende raison de cette conduite.

HUITIÈME REMARQUE

Source de l'erreur de M. Dupin. H n'a pas voulu prendre garde à la procédure du concile.

Après tout, il est Lien aisé de comprendre que c'est ici une suite de l'erreur de il. Dupin que nous avons vue. Il a voulu compter pour rien ces paroles de la sentence du concile : « Nous, contraints par » les saints canons, et par la lettre de notre saint » Père Célestin; » il les a supprimées, et n'a pas voulu se souvenir que le concile procédait en exécution et en confirmation de la sentence du Pape. Quelle merveille que saint Cyrille, qui était commis pour l'exécuter, ait continué jusqu'à la lin d'agir en vertu de sa commission? Sans cela, le concile aurait manqué d'une chose absolument nécessaire , qui était l'autorité du Saint-Siège , et n'aurait pas eu le Pape dans son unité: ce qu'on ne niera point qui n'ait toujours été de la règle , et réputé fondamental en ces occasions. Mais laissons ces raisonnements, quoique indubitables et démonstratifs, puisque nous pouvons agir par actes.

NEUVIÈME REM.4RQUE.

L'auteur omet les articles les plus nécessaires à la matiùre qu'il traite.

Cet auteur a bien rapporté que la lettre de saint Célestin, et celle de saint Cyrille qui procédait en exécution, avaient été lues dans le concile; mais il n'a pas voulu voir la suite de cette lecture. C'est que Pierre, prêtre d'Alexandrie, qui faisait la fonction de promoteur, demanda qu'on informât le concile si ces deux lettres, ou pour mieux parler, ces deux sentences, l'une primitive, l'autre exécutoire, avaient été siytiifites à Nestorius^. Ce fut en conséquence de cette réquisition, que les deux évoques que saint Cyrille avait chargés de les rendre à Nestorius, certiliérent au concile qu'ils les lui avaient rendues « en main propre, en présence de tout le B clergé et de plusieurs autres personnes illustres. » Qui ne voit donc qu'on posait le fondement de la sentence qu'on prononça le même jour, où l'on fit mention expresse de la lettre de Célestin, en conséquence de laquelle on procédait, et que la procédure du concile était tellement liée avec celle de ce Pape et de saint Cyrille, qu'elles ne faisaient toutes deux qu'une seule et même action.

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