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SUR L'EUCHARISTIE
poser qu'elle soit , ni lui qu'elle ne soit pas. Il ne doit non plus donner pour principe, des raisonnements du philosophie , qui ne sont pas recevahles, où il s'agit seulement de considérer ce qu'enseigne la sainte Ecriture. Il faut donc enfin venir à cette Ecriture; et on doit se contenter que la présence réelle, qui est propre à l'Eucharistie, soit établie dans les lieux qui parlent de l'Eucharistie. Il n'y a rien de plus raisonnable qu'une telle proposition. Toutefois , qui le pourrait croire ? l'auteur s'y oppose, et voici quel est son raisonnement. « Nous » nions, dit-il', formellement, cette seconde manière )> d'être corporellement en un lieu. Et il n'est pas » contesté que la nature, les sens et la raison, bien » loin d'enseigner rien de semblable, crient haute- » ment le contraire. Ce serait donc, en tout cas, à » l'Eglise romaine à établir cette seconde manière » d'être corporellement en un lieu, par quelque » passage dont le sens ne fût pas en question. » Il n'y a rien de plus faux que cette conséquence. Car lorsqu'il s'agit du sens d'un passage, on peut faire voir, par la suite môme des paroles dont on dispute, qu'on a tort de le contester, sans que pour cela il soit nécessaire de recourir à d'autres passages, comme veut l'auteur de \a Réponse. Et certes, il n'est pas possible de faire un plus mauvais raisonnement, ni de tirer une conséquence plus pernicieuse que la sienne. En efi'et, si elle est reçue, tous les hérétiques sont hors de prise; et il n'y a plus aucun moyen de les attaquer. Quel passage y a-t-il qu'ils ne se donnent la liberté d'interpréter à leur mode, et sur lequel ils ne forment des contestations? Que si l'on n'est pas recevable à faire voir, par la suite même du passage , à celui qui en conteste le sens, qu'il a tort de le contester, et qu'il faille nécessairement, pour convaincre les errants , sauter de passage en passage, aussitôt qu'ils auront révoqué en doute l'intelligence de ceux qu'on leur aura opposés; il n'y aura point de fin aux questions, et le plus hardi à nier, ou le plus subtil à inventer de nouveaux détours, sera le maître. Par exemple, un socinien se présente à nous, qui prouve, par les Ecritures , que le Père et le Fils sont deux. Le catholique répond que ce sont , à la vérité, deux personnes, mais dans une même nature; et il établit cette unité par d'autres passages. Le socinien ne manque pas de les détourner à un autre sens, en sorte qu'il n'y en a aucun dont il ne conteste l'intelligence. Mais notre auteur lui va fournir un moyen de désarmer tout à fait le catholique. Il n'a qu'à faire à son exemple ce raisonnement : « Nous nions formellement cette unité » de substance entre deux personnes; et il n'est )) pas contesté que la nature, les sens, et la rai- » son, bien loin d'enseigner rien de semblable, » crient hautement le contraire : car ni la raison » ne comprend que deux personnes puissent être » une même chose en substance; ni la nature ne » nous montre rien de tel; ni les sens n'ont jamais » rien vu de semblable. Ce serait donc, en tout « cas, aux catholiques d'établir cette unité de subs- » tance entre plusieurs personnes, par quelque » passage dont le sens ne soit pas en question. » Que répondra le catholique? Et l'anonyme luimême, que répondra-t-il à un tel raisonnement? Il