Pai/, lyO, l'Jl. — 2. Pag. 195, elc. — 3. Act., xvii
SUR L'EUCHARISTIE
mémoire, el qu'on nous dise : Souviens-toi de ton Cn'ateur tous les jours de ta vie'. Quand les prétendus réi'urniés supposeraient avec nous que Jésus-Glirist fut en personne dans l'Eucliaristie, ils n'en devraient pas moins avouer que nous avons besoin d'être avertis de cette présence , parce que nos sens n'en sont touchés par aucun endroit : de sorte que le Fils de Dieu aurait raison d'exciter notre attention, en nous disant : Faites ceci en souvenance de moi , et n'oubliez jamais celui qui vous fait de si grandes grâces. Il est clair que cette parole s'accorde parfaitement avec la présence que nous admettons; el ainsi je ne comprends pas comment on s'en peut servir pour la détruire.
Mais nous sommes en termes bien plus forts, et nous pouvons accorder aux prétendus réformés, sans aucun préjudice de notre doctrine, que la chose que le Fils de Dieu nous ordonne de nous rappeler en notre mémoire n'est pas présente. En clTel, il est certain que C[uand il a dit : Faites ceci en mémoire de moi, l'esprit et l'intention de ces paroles, c'est de nous faire souvenir de lui mourant, et de rappeler sa mort à notre mémoire.
Si cela est, il faut avouer que ces paroles, tant do fois objectées par les prétendus réformés, leur deviennent inutiles. Quand nous leur aurions accordé que le souvenir, que Notre Seigneur nous recommande en ce lieu, exclut la présence de son objet , ils seraient abondamment satisfaits sur cette dilTiculté; puisque Jésus-Christ mourant à la croix n'est pas un objet présent, et que sa mort est une chose éloignée.
Aussi voyons-nous que l'anonyme fait les derniers elïorls pour nous ôler cette explication : mais il se tourmente en vain. Ce n'est pas une explication que nous soyons contraints d'inventer, pour nous débarrasser d'un argument importun, puisque même on a déjà vu que nous n'avons pas besoin de cette défense. Mais c'est l'apôtre saint Paul qui nous apjjrend à entendre, comme nous faisons, les paroles dont il s'agit; puisqu'il ne les a pas plus tôt rapportées, qu'il en tire aussitôt cette conséquence, qu'en participant à l'Eucharistie, 7ious annonçons la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne'^. Ainsi le dessein de ces paroles n'est pas de rappeler en notre mémoire la personne de Jésus-Christ absolument , mais la personne de Jésus-Christ se livrant lui-même à la mort , el répandant son sang pour notre salut. La suite môme des paroles nous conduit naturellement à ce sens. Nous venons de voir que ces mots : Ceci est mon corps donné, ceci est mon sanij répandu, ont un rapport nécessaire à la mort de Notre Seigneur. Quand donc il ajoute après : Faites ceci en mémoire de moi, on voit bien qu'il veut nous faire éternellement souvenir de luimême comme mort pour nous, ou, comme parle saint Paul , nous faire annoncer sa mort jusqu'à ce qu'il vienne.
Que l'anonyme juge maintenant du déplorable état de sa cause, qui le réduit à rejeter une explication qui est expressément tirée de l'Apôlre, et d'appeler celle explication un petit détour^. Mais après avoir dit que je tronque les paroles de Notre Seigneur en les récitant comme saint Matthieu , je ne m'étonne pas qu'il dise encore que j'en dé-