‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 152 sur 545 · Eccle.. XII. 1. — 2. /. Co>\, XI. Si). — 3. Pari. ISS · texte numérisé non relu

Eccle.. XII. 1. — 2. /. Co>\, XI. Si). — 3. Pari. ISS

tourne le sens , en les expliquant comme saint Paul.

Cependant il est si constant que ces paroles de Notre Seigneur ; Faites ceci en tnémoire de moi, sont prononcées exprès pour rappeler notre attention à sa mort, que les prétendus réformés y donnent eux-mêmes cette explication dans l'action de la Cène. Le ministre, en la leur donnant, leur parle en ces termes : Faites ceci en mémoire de moi, c'est que quand vous mangerez de ce pain , et boirez de cette coupe , vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. Toutes les Confessions de foi des protestants suivent cette interprétation; et l'anonyme lui-même, après avoir récité les paroles de l'Epitre aux Gorintliiens, d'où je lire l'explication que nous avons proposée, en conclut, aussi bien que nous, « que Jésus-Christ quittant ses apôtres, » et leur disant le dernier adieu, leur laisse ce sa- » cremenl comme un gage, un mémorial, et un » sceau de la mort qu'il devait soutTrir pour eux. »

Ainsi j'ai raison de dire, dans l'Exposition, que quand même nous serions demeurés d'accord que l'Eucharistie est le mémorial d'une chose qui n'est pas présente, nous avons de quoi contenter les prétendus réformés, selon leurs propres principes; parce que Jésus-Christ mourant , qu'elle rappelle à notre souvenir, n'a été qu'une seule fois dans cet état; et que sa mort, dont ce mystère est un monument éternel, est éloignée de nous de plusieurs siècles et n'est pas présente.

Si maintenant ils demandent pourquoi Jésus- Christ a joint ces deux choses, de nous donner en vérité son corps el son sang, el de se servir d'un si grand mystère pour imprimer dans nos cœurs la mémoire de sa mort : ils n'ont qu'à se souvenir des choses qui ont été dites sur les victimes anciennes que les Juifs mangeaient. Ce que nous avons à dire en ce lieu, est une suite de cette doctrine. La manducation de ces victimes en rappelait naturellement l'immolation dans l'esprit : car on les mangeait comme ayant été immolées, et dans le dessein de participer au sacrifice.

Ainsi quand Notre Seigneur a voulu accomplir cette figure en nous donnant son corps et son sang à la sainte table, il a raison de nous rappeler à l'oblalion qu'il en a faite pour nous à la croix; et il n'y a rien de plus naturel, que de nous souvenir de Jésus-Christ immolé, lorsque nous sommes appelés à manger la chair de ce sacrifice. C'est pour cela que nous demandons, aussi bien que l'anonyme ', qu'on ne sépare point les paroles de Notre Seigneur. Nous voulons qu'on pense altenlivcment qu'il a dit tout d'une suite : Ceci est mon corps donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. Car c'est ce qui nous fait voir que le souvenir qu'il ordonne est fondé sur le don qu'il fait de son propre corps et de son propre sang. De sorte que ce n'a pas été son dessein de nous donner seulement un morceau de pain comme un mémorial de sa mort; mais de nous donner ce même corps immolé pour nous , afin qu'en le recevant, nous eussions l'esprit attentif au sacrifice sanglant que son amour lui a fait olTrir pour notre salut.

C'est ce que j'avais dit dans VExposilion, et l'auteur n'oppose rien à cette doctrine, qui ne marque une faiblesse manifi.'ste. Il prend la peine

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