‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 153 sur 545 · Piif · texte numérisé non relu

Piif

'il')

SLU L'EUCllAIilSTIE.

(le prouver', par l'exemple « des hosties expia- » loires , dont on se souvenait sans les manger, » qu'il n'est pas nécessaire que nous mangions la » propre chair de Jésus-Christ notre victime, pour » nous souvenir de sa mort. » Ne voit-il pas que c'est sortir de la question? Il ne s'agit pas entre nous, si ce moyen nous est nécessaire pour nous souvenir de Jésus-Christ mort et immolé. Les catholiques ne prétendent pas qu'il le fallût oublier, s'il ne nous avait pas donné son corps cl son sang; et bien loin d'attacher ce souvenir à l'action de la Cône, nous souhaiterions qu'il ne nous quittât en aucun moment de notre vie. El certes, nous avons peu profilé de tant de mystères que Jésus-Christ a accomplis pour notre salut, s'ils ne nous ont pas encore appris qu'il n'a pas voulu s'attacher à faire précisément ce qui nous était nécessaire; mais qu'un amour infini lui a fait chercher ce qu'il y avait de plus tendre et de plus puissant pour toucher nos cœurs. Ainsi sans examiner si ce moyen dont nous parlons était nécessaire pour exciter notre souvenir, il suflit qu'il soit très-puissant , et que l'anonyme môme ne puisse rien imaginer de plus efficace. L'anonyme voudrait le nier, cet effet de la présence, cette efficace divine du corps et du sang de Notre Seigneur. Mais telle est la force de la vérité : en le niant il le confirme. « S'il est vrai, » dit-il, que le souvenir dont il est ici question » n'est qu'un sentiment excité par les objets qui » frappent les sens, la manière dont on croit man- » ger cette chair dans l'Eglise romaine , a-t-elle » quelque chose qui frappe plus les sens que la » nôtre, puisque nous la mangeons les uns et les » autres sous les espèces du pain et du vin? » Je suis bien aise que l'anonyme croie recevoir le corps et le sang de Notre Seigneur, sous les espèces du pain et du vin , aussi bien que nous. Je sais qu'il me répondra que nous l'entendons différemment. En effet, les catholiques croient recevoir le corps et le sang de Notre Seigneur, sous les espèces, parce qu'il y est; et l'anonyme (chose surprenante) croit les recevoir sous ces mêmes espèces, quoiqu'ils n'y soient pas. Qu'il explique comme il lui plaira, un sentiment si étrange; on voit qu'il faut du moins parler comme nous , et que l'idée de Jésus-Christ ([ui se donne à ses fidèles sous les espèces du pain et du vin, est si conforme à la foi, que, si peu (lu'il reste de foi , cette idée revient toujours à l'esjirit. Mais il faudrait aller plus avant, et comprendre ([ue le chrétien ne doit pas être moins touché en recevant son Sauveur sous une espèce étrangère , que s'il le touchait sensiblement en sa propre forme. 11 suffit que Jésus-Christ soit présent, et que le ehiétien soit assuré de cette présence par la parole de Jésus-Christ; puisque la foi lui apprend à croire aussi fermement ce que Jésus-Christ lui dit, que ce qu'il voit de ses propres yeux.

VIL Abus que tes 'prétendus réformés font de ces jMrules de Jésus-Christ : Je ne DoinAi poimt de ce FRiTiT DE V1G.NE. — Los prétcudus réforiiiés ont perdu leur principale défense, quand on leur a ôté ce passage : Faites ceci en mémoire de moi. Ils ont néanmoins encore un dernier refuge dans ces mots : Je ne boirai point de ce fruit de vigne.

L'anonyme les produit pour faire voir qm; la

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