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rait ne pas déplorer un aveuglement si étrange?
Mais voyons ce que dit l'auteur sur ma seconde proposition. « La seconde proposition, dit-il', est » encore moins vraie : qu'une doctrine embrassée » par toutes les Eglises chrétiennes, sans qu'on en » puisse marquer le commencement, soit nécessai- » rement du commencement de l'Eglise , ou qu'elle » vienne des apôtres. » Il combat cette proposition par des exemples; mais les exemples ne font qu'embrouiller, s'ils ne sont dans le cas dont il s'agit. Et il ne faut que considérer l'état de notre question, pour voir que les exemples qu'allègue l'auteur ne sont nullement à propos.
Qu'on relise la proposition comme il la rapporte lui-même, on verra qu'il s'agit de doctrine reçue dans l'Eglise. Que sert donc de rapporter des changements qui se glissent dans les lois et les coutumes des Etats-? Ni ces lois ni ces coutumes ne sont des doctrines que l'on regarde comme invariables; et Dieu n'a pas promis aux Etats l'assistance particulière du Saint-Esprit, pour les conserver toujours dans les mêmes lois. Ainsi cet exemple ne fait rien du tout à la proposition dont il s'agit.
L'auteur promet do faire voir des changements dans les dogmes de la religion , dont on ne peut pas marquer le temps ni l'origine ; et pour prouver ce qu'il avance, depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à nous , il n'a rien eu à nous alléguer que la communion des petits enfants. Il en parle comme d'une coutume abolie par le concile de Trente, quoiqu'il y eût déjà plusieurs siècles que l'usage en avait cessé. Mais passons-lui cette faute; venons à ce qu'il y a de plus important.
Nous avouons que la coutume de communier les petits enfants a été universelle dans l'Eglise, et qu'ensuite elle s'est abolie insensiblement. Aussi comptons-nous cette coutume parmi celles dont l'E glise peut disposer. Nous n'avons jamais prétendu que toutes les coutumes de l'Eglise fussent immuables. Nous parlons des dogmes de la religion et des articles de la foi. Ces dogmes sont regardés comme inviolables, parce que la vérité ne change jamais. C'est pourquoi , quand on remue quelque chose qui touche la foi , les esprits en sont nécessairement éaïus ; alors on touche l'Eglise dans la partie la plus vive et la plus sensible ; et l'Esprit de vérité qui l'anime ne permet pas que des nouveautés de cette nature s'élèvent sans contradiction. Mais cette raison ne fait rien aux coutumes inditïérentes, qui, n'enfermant aucun dogme de la foi , peuvent être changées sans contradiction. Ce serait une témérité insensée que de dire que l'Eglise universelle , qui dès le temps de saint Cyprien communiait les petits enfants, ait erré dans la foi pour laquelle tant de martyrs mouraient tous les jours. Si donc on ne peut penser sans extravagance, ce que l'auteur même n'ose pas dire , que celte coutume fût une erreur dans la foi; que pouvait-il faire de moins à propos que d'en alléguer l'établissement ou l'abolition , conmie un changement dans la foi '?
En elfet, il est constant i|ue cette coutume , de communier les petits enfants , n'a jamais été réprouvée par aucun concile. Elle a été changée insensiblement sans aucune llétrissure ni condamnation , comme nos adversaires confessent eux-