cl. II, col. 61S. — 2. Act. III, col. e27. — 3. P. 77S
IlEMAUQUES SUR L'HISTOIRE
Pour ceux qui oui peine à croire (|ui' l'aulorilé du Saint-Siège ait dos lors été si grande cl si révérée, même dans les conciles généraux, ils doivent apprendre par cet exemple, à se délier de cerlaines gens trop hardis cl lroi> prévenus, puisqu'enlin voilà les actes dans leur pureté; et si l'auteur les a supprimés, de même (ju'il a tronqué la seiUcncc du concile, il ne faut pas soull'rir davantage qu'il induise les sinqîles en erreur.
DlXIliME REMARQUE.
La présidence atlrihuée par M. Dupin à Juvétial , patriarche tic Jérusalem, contre les actes du concile.
Il continue' : " Si saint Cyrille eût présidé en » cette qualité, il est certain qu'à son défaut, les » autres légats du Pape eussent dû présider en sa » place, et avoir le premier rang. Or il est constant » que ce ne furent point eux, nuiis Juvénal de Jéru- » salem qui présida à la quatrième et à la ciniiuième » action, dans lesquelles saint Cyrille parut comme » suppliant. » J'admire ces Messieurs avec leur il est constant, quand ce qu'ils donnent pour si constant est constamment faux. Voici les actes de la quatrième session : « Le saint concile assemblé , et les » évoques séant dans l'église appelée Marie, à sa- » voir, Cyrille d'Alexandrie, qui tenait aussi la » place du très-saint Gélestin, archevêque de l'E- » glise romaine; Arcadius, évèque et légat du Siège » de Rome; Projectus, évèque et pareillement légat » du môme siège; et Philippe, prêtre et légat; Ju- » vénal, évèque de Jérusalem; Memnon, évèque » d'Ephèse, etc. » Il me semble qu'il est bien constant, par ces actes et par le registre du concile, qu'Arcadius et les autres légats, sans excepter Philippe, qui n'était qu'un prêtre, sont placés immédiatement après saint Cyrille , et au-dessus de Juvénal. Rien par conséquent n'était moins constant que ce premier rang que M. Dupin lui voulait donner d'une manière si affirmative.
Je ne sais s'il a voulu nous donner pour acte do présidence, dans cette quatrième action, quelques endroits où Juvénal prend la parole le premier; mais cela lui est commun avec beaucoup d'autres, comme avec Flavius de Philippes, avec Firmus de Césarée en Cappadoce, et cela même en présence de saint Cyrille, à qui la présidence n'est point contestée. On voit la même chose dans tous les conciles; et en vérité il est pitoyable d'adjuger la présidence à Juvénal dans la quatrième action, sans en avoir la moindre raison, si ce n'est celle-là qui n'est rien.
Nous avons dit que la séance n'était rapportée ni dans la cinquième session, ni dans la septième, et que c'était une marque qu'elle était allée à l'ordinaire : pour la sixième, les rangs sont marqués distinctement comme on vient de voir dans la quatrième; et M. Dupin ne nous dira pas qu'ils ne le sont que dans le latin; car il sait bien que le commencement de cette session manque entièrement dans le grec, à cause que ces choses de solennité sont sujettes à être omises par les copistes, comme trop connues ►et aisées à supiiléer par les autres actes. Il est d'ailleurs bien assuré que le latin est ancien et autlioiiii(iui' , qu'il est conforme à l'an-
cicnne version, qui était celle dont l'Eglise latine se servait de tout temps, et (|ue M. Raluzc nous a donnée; qu'il est plus conqjlet que le grec, ce qui oblige notre auteur lui-mêuie à suppléer par cet ancien latin d'autres actes où le grec est pareillement défectueux. Ce fait est constant; et ainsi la préséance de tous les légats au-dessus du patriarche de Jérusalem est très-liien établie i)ar le registre des séances, qui est la preuve la plus décisive qu'on puisse alléguer en cette occasion. Voyons si le reste des actes répond à cela.
ONZIÈME REMARQUE
Autres actes sur la mi'me chose.
Il y a parmi les lettres du concile, après l'action sixième, un mandement adressé aux députés qu'on avait envoyés à l'empereur, qui est intitulé en cette sorte' : « A Philippe, prêtre, tenant la place de Cé- » lestin , très-saint évèque du Siège apostolique, et » aux très-religieux évêques Arcadius, Juvénal, etc., » le saint et Lecuménique concile assemblé à Ephèse, » salut. » Voilà ce qu'écrit en corps le concile, qui savait le rang que chacun tenait dans son assemblée. Les légats sont nommés devant Juvénal; et si l'on met le prêtre Philippe devant Arcadius qui en était l'un, c'est pour la même raison qu'on voit ce prêtre (irendre la parole presque partout au-dessus des autres légats^, et signer immédiatement après saint Cyrille, non-seulement devant le patriarche de Jérusalem, mais encore devant les évêques Arcadius et Projectus, ses compagnons dans la légation.
En un autre endroit pourtant le concile nomme les évêques les premiers , et le prêtre Philippe après eux'; mais Arcadius est nommé à la tète des autres évêques, et môme devant Juvénal. Dans la lettre écrite au concile par les évêques qui se trouvaient à Constantinople, ces évêques, qui savaient le rang que les Eglises tenaient dans le concile, font ainsi l'adresse : « Aux saints évoques Célestin, » Cyrille, Juvénal , Firmus , Flavien, Memnon, as- » semblés dans la métropole d'Ephèse, les évêques » qui sont à Constantinople. » Voilà le rang des Eglises exactement gardé. Les patriarches sont préférés, et le Pape est mis à la tète. On savait bien qu'il n'était pas présent en personne; mais on lui écrit selon la coutume , comme tenant la première place, parce qu'il la tenait par ses légats. Ce rang était bien connu par les puissances séculières, aussi bien que par les évoques; et c'est par cette raison que l'empereur, écrivant au concile, fait l'adresse en cette sorte : A Célestin, liufus, etc., et voilà encore l'ordre des conciles bien marqué, et le Pape mis à la tête, comme; celui qui tenait naturellement le premier rang.
Il est vrai ((u'il y a deux endroits où Juvénal signe devant les légats'', soit qu'il y ail (|uclque confusion dans ces signatures, comme on sait qu'il y en arrive souvent, soit qu'en elfel on n'y prit |)as toujours garde de si près, et f|u'on signât connue on se trouvait. Mais le gros est constamment pour les légats, même à l'égard des signatures; puisqu'on trouve partout dans les actes, qu'elles se fai-
1. Mandalum quod aancta , etc., col. 779. — 2. Act. ii, m. — 3. Relat. ad Imp., ihid.. col. 781 . — 4. Act. v, roi. 659
DES CONCILES D'ÉPHÈSE ET DE GHALCÉDOINE
saient selon l'ordre des séances, dans lesquelles le registre ne varie point.
On ne voit donc point pourquoi M. Dupin affecte de refuser au Saint-Siège jusqu'à la première place, dans un concile où tout est rempli des marques de sa supériorité par-dessus tous les sièges de l'univers, sans excepter les plus élevés.