Liv. m, VIII. — 2. Ammian. Marcel., lih. xxi
PREFACE
mais avec cet aveu sincère, je maintiens aux protestants qu'ils ne peuvent me refuser leur croyance, et qu'ils ne liront jamais nulle histoire, quelle qu'elle soit, plus indubitable que celle-ci; puisque, dans ce que j'ai à dire contre leurs Eglises, et leurs auteurs, je n'en raconterai rien qui ne soit prouvé clairement par leurs propres témoignages.
XXI. Quelques objections qu'on peut faire contre cet ouvrage. — Je n'ai pas épargné ma peine à les transcrire; et le lecteur se plaindra peut-être que je n'aie pas assez ménagé la sienne. D'autres trouveront mauvais que je me sois quelquefois attaché à des choses qui leur paraîtront méprisables. ;\Iais outre que ceux qui sont accoutumés à traiter les matières de la religion, savent bien que dans un sujet de cette importance et de cette délicatesse , presque tout, jusqu'aux moindres mots, est essentiel; il a fallu considérer, non ce que les choses sont en elles-mêmes, mais ce qu'elles ont été, ou sont encore dans l'esprit de ceux à qui j'ai alTaire; et après tout on verra bien que cette histoire est d'un genre tout particulier; qu'elle a dii paraître avec toutes ses preuves, et munie , pour ainsi dire, de tous cotés; et qu'il a fallu hasarder de la rendre moins divertissante, pour la rendre plus convaincante et plus utile.
XXII. Qu'il !j a des choses qu'il a fallu reprendre de plus haut, comme l'Histoire des Yaudois , des Albigeois, de Jean Viclef, et de Jean Hus. — Quoique mon dessein me renferme dans l'histoire des protestants, j'ai cru en certains endroits devoir remonter plus haut'; et c'a été lorsqu'on a vu les Vaudois el les llussites se réunir avec les calvinistes et les luthériens : il a donc fallu, en ces endroits, faire connaître l'origine et les sentiments de ces sectes, en montrer la descendance, les distinguer d'avec celles avec qui on a voulu les confondre, découvrir le manichéisme de Pierre de Bruis et des Albigeois, et montrer comment les Vaudois sont sortis d'eux; raconter les impiétés et les blasphèmes de Viclef, dont Jean Hus et ses disciples ont pris naissance; en un mot, révéler la honte de tous ces sectaires à ceux qui se glorifient de les avoir pour prédécesseurs.
XXIII. Pourquoi on suit l'ordre des temps sans distinction des matières. — Quant à bi métliode de cet ouvrage , on y verra marcher les disputes et les décisions dans l'ordre qu'elles ont paru , sans distinction des matières , parce que les temps mêmes m'invitaient à suivre cet ordre. Il est certain que par ce moyen les variations des protestants et l'état de leurs Eglises sera mieux marqué. On verra aussi plus clairement, en mettant enseml)le sous les yeux les circonstances des lieux et des temps , ce qui pourra servir à la conviction ou à la défense de ceux dont il s'agit.
XXIV. Toute la matière de l'Eglise traitée ensemble. Etat présent de cette fameuse dispute , et à quels termes elle est réduite par les ministres Claude et Jurieu. — Il n'y a qu'une controverse dont je fais l'histoire à part; et c'est celle qui regarde l'Eglise^: matière si importante, et qui seule pourrait emporter la décision de tout le procès , si elle n'était aussi embrouillée dans les écrits des protestants , qu'elle est claire et intelligible en elle-même. Pour