XXI. Raisons dont il appuyait cette soumission
— Il semblait môme qu'il parlait de bonne foi sur l'autorité du Saint-Siège. Car les raisons dont il appuyait son attachement pour ce grand Siège étaient en elTet les plus capables de toucher un cœur chrétien. Dans un livre qu'il écrivit contre Silvestre de Prière, jacobin, il alléguait en premier lieu ces paroles de Jésus-Christ : Tu es Pierre; et celles-ci : Pais mes brebis. « Tout le monde confesse , dit-il ', » que l'autorité du Pape vient de ces passages. » Là même , après avoir dit « que la foi de tout le » monde se doit conformer à celle que professe l'E- » glise romaine, » il continue en cette sorte : « Je » rends grâces à Jésus-Christ de ce qu'il conserve » sur la terre cette Eglise unique par un grand » miracle, et qui seul peut montrer que notre foi )> est véritable; en sorte qu'elle ne s'est jamais éloi- » gnée de la vraie foi par aucun décret. » Après même que dans l'ardeur de la dispute ces bons principes se furent un peu ébranlés, « le consente- » ment de tous les fidèles le retenait dans la rôvé- » rence de l'autorité du Pape. Est-il possible, » disait-il^, que Jésus-Christ ne soit pas avec ce )i grand nombre de chrétiens? » Ainsi il condamnait « les Bohémiens qui s'étaient séparés de notre » communion, et protestait qu'il ne lui arriverait » jamais de tomber dans un semblable schisme. »
XXII. Ses emportements , dont il demande pardon. — On ressentait cependant dans ses écrits je ne sais quoi de fier et d'emporté. Mais encore qu'il attribuât ses emportements à la violence de ses adversaires, dont les excès en elïet n'étaient pas petits, il ne laissait pas de demander pardon de ceux où il tombait. « Je confesse, écrivait-il au cardinal Cajé- » tan, légat alors en Allemagne", que je me suis » emporté indiscrètement, et que J'ai manqué de » respect envers le Pape. Je m'en repens. Quoique » poussé, je ne devais pas répondre au fou qui écri- » vait contre moi , selon sa folie. Daignez, poursui- » vait-il, rapporter l'alfaire au Saint-Père : je ne » demande qu'à écouter la voix de l'Eglise, et la » suivre. »
XXIII. Nouvelle protestation de soumission envers le Pape : il offre le silence à Léon X et à
1. Protest. Luth. T.i, f. 195. — 2. Epist. ad Léon. X. ibid. — 3. Act. «p. Légat, ibid. f. 208. — i.Cont. Prier. T. l,p. 173, 18!j.
— 5. Disp. Lips. T. i, /". 251, — 6. Idem, f. 215.