‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 194 sur 545 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

En l'an 1030.

SoMM.MBK. — Les Confessions de foi des deux partis des prolesiants. Celle d'Augsbourg cumposée par Mêlancliton. Celle de Strasbourg ou des quatre villes par Bucer. Celle de Zwingle. Variations de celle d'Augsbourf; sur l'Eucharistie. Ambiguïté de celle do Strasbourg. Zwingle seul pose nettement le sens figuré. Le terme de substance pourquoi mis pour expliquer la réalité. Apologie de la Confession d'Augsbourg faite par .Mélanchton. L'Eglise calomniée presque sur tous les points, et principalement sur celui de la Justification, et sur l'opération des Sacrements et de la Messe. Le mérite des bonnes œuvres avoué de part et d'autre, l'absolution sacramentale de même; la confession, les vœux monastiques, et beaucoup d'autres articles. L'Eglise romaine reconnue en plusieurs^manières dans la Confession d'Augsbourg. Démonstration , par la Confession d'.\ugsbourg et par l'Apologie , que les luthériens reviendraient à nous en retranchant leurs calomnies , et en entendant bien leur propre doctrine.

I. La célèbre diète d' Augsbourg où les Confessions de foi S07U présentées à Charles V. • — Au milieu de ces démêlés on se préparait à la célèbre diète d'Augsbourg, que Charles V avait convoquée pour y remédier aux troubles que le nouvel Evangile causait en Allemagne. Il arriva à Augsbourg le 15 juin 1530. Ce temps est considérable , car c'est alors qu'on vil paraître pour la première fois des Confessions de foi en forme, publiées au nom de chaque parti. Les luthériens, défenseurs du sens littéral, présentèrent à Charles V la Confession de foi, appelée la Confession d'Augsbourg. Quatre villes de l'empire : Strasbourg, Meininguc , Lindau et Constance , qui défendaient le sens ligure, donnèrent la leur séparément au même prince. On la nomma la Confession de Strasbourg ou des quatre villes; et Zwingle qui ne voulut pas être muet dans une occasion si célèbre, quoiqu'il ne fût pas du corps de l'empire, envoya aussi sa Confession de foi à l'empereur.

II. La Confession d' Augsbourg rédigée par Mélanchton, elprésentée à l'empereur. — Mélanchton, le plus éloquent et le plus poli aussi bien que le plus modéré de tous les disciples de Luther, dressa la Confession d'Augsbourg de concert avec son maître qu'on avait fuit approcher du lieu de la diète. Cette Confession de foi fut présentée à l'empereur, en latin et en allemand le 95 juin 1530, souscrite par Jean , électeur de Saxe, par six autres princes, dont Philippe, landgrave de Messe, était un des principaux , et par les villes do Nuremlierg et de Rcutlingue, auxquelles cpiatre autres villes étaient associées". On la lut publiquement dans la diéle , en présence de l'empereur; et on convint de n'en répandre aucune coiiie , ni inanuscrile ni imprimée, que de son ordre. Il s'en est fait depuis plusieurs éditions tant en allemand qu'en latin, toutes avec de notabli's dilTérences; et tout le parti la reçut.

Ul. De la Confession de Strasbourg , ou des quatre rilles, et de Huccr qui la dressa. — Ceux de Strasbourg et leurs associés défenseurs du sens ligure , s'oirrircnt à la souscrire, à la réserve de l'article de la Cène. Ils n'y furent pas reçus; de sorte qu'ils romjiosèrent leur Confession i)articuliôre qui fut dressée jiar P.urcr^.

C'était un homme assez docte, d'un esprit pliant,

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