‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 195 sur 545 · CInjlr., Hisl. Cnnf. Aug., etc. —2. Idam · texte numérisé non relu

CInjlr., Hisl. Cnnf. Aug., etc. —2. Idam

et plus fertile en distinctions, que les scholastiques les jilus ratlinés; agréable prédicateur; un peu pesant dans son style : mais il imposait par la laiile, et par le son de la voix. Il avait été Jacobin , el s'était marié comme les autres, et même pour ainsi parler plus que les autres , ]iuis(iue sa femme étant morte , il passa à un second et à un troisième mariage. Les saints Pères ne recevaient point au sacerdoce ceux qui avaient été mariés deux fois étant laïques. Celui-ci prêtre et religieux se marie trois fois sans scrupule durant son nouveau ministère. C'était une recommandation dans le parti, et on aimait à confondre par ces exemples hardis, les observances superstitieuses de l'ancienne Eglise.

Il ne paraît pas que Bucer ait rien concerté avec Zwingle : celui-ci avec les Suisses parlait franchement ; lUicer méditait des accommodements, et jamais homme ne fut plus fécond en équivoques.

Cependant lui et les siens ne purent alors s'unir aux luthériens, el la nouvelle Réforme fît en Allemagne deux corps visililement séparés par des Confessions de foi différentes.

Après les avoir dressées, ces Eglises semblaient avoir pris leur dernière forme , et il était temps du moins alors de se tenir ferme : mais c'est ici au contraire que les variations se montrent plus grandes.

IV. Delà Confession d'Augsbourg , et de l'Apologie : l'autorité de ces deux pièces dans tout le parti. — La Confession d'Augsbourg est la plus considérable en toutes manières. Outre qu'elle fut présentée la première , souscrite par un idus grand corps , et reçue avec plus de cérémonie, elle a encore cet avantage qu'elle a été regardée dans la suite, nonseulement par Bucer et par Calvin même en particulier, mais encore par tout le parti du sens ligure assemblé en corps , comme une pièce commune de la nouvelle Réforme , ainsi que la suite le fera paraître. Comme l'empereur la lit réfuter par quelques théologiens catholiques , Mélanchton en Ht l'Apologie, qu'il étendit davantage un peu après. Au reste, il ne faut pas regarder cette Apologie comme un ouvrage particulier, puisqu'elle fut présentée à l'empereur au nom de tout le parti , par les mêmes qui lui présentèrent la Confession d'Augsbourg, et que depuis, les luthériens n'ont lenu aucune assemblée pour déclarer leur foi , oii ils n'aient fait marcher d'un pas égal la Confession d'Augsbourg et l'Apologie, connue il parait ])ar les actes de l'assemblée de Smalcalde en 1537 el par les autres '.

V. L'article X de la Confession d'Augsbourg, où il s'agit de la Cène, est couché en quatre façons : la variété des deux premières. — Il est certain que l'ititention de la Confession d'Augsbourg était d'élablir la présence réelle du corps et du sang; et comme disent les luthériens dans le livre de la Concorde, (i on y voulait expressément rejeter l'erreur des » sacramentaires , qui prcsenlèrent en même temps à Augsbourg leur Confession particulière^. » Mais tant s'en faut que les luthériens liennent un langage uniforme sur celte matière, qu'au contraire on voit d'abord l'article X de leur Confession, qui

1. Prœf. Apol. in lib. Concord., p. 48. Art. Smal. ibid. 356. ICpitome art. ibid. 57L SoKda repet. ibid. 633, 72S, ecc. — ' 2. Concor., p. 128.

Page 1