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Il est aisé d'ajjpliquer ceci à la matière de l'Eucharistie. Si on eût conservé sans raffinement l'intelligence droite et naturelle de ces paroles : Ceci est mon corps, Ceci est mon sang, nous eussions cru suffisamment expliquer une présence réelle de Jôsus-Chrisl dans l'Eucharistie , en disant que ce qu'il y donne est son corps et son sang : mais depuis qu'on a voulu dire que Jésus-Christ n'y était présent qu'en ligure, ou par son esprit, ou par sa vertu, ou par la foi; alors, pour oter toute ambiguïté, on a cru qu'il fallait dire que le corps de Noire Seigneur nous était donné en sa propre et véritable substance, ou ce qui est la même chose, qu'il était réellement el substantiellement présent.
\' oilà ce qui a fait naître le terme de transsubstantiation , aussi naturel pour exprimer un changement de substance , que celui de consubslanliel pour exprimer une unité de substance.
XVII. Les hithériens ont eu la même raison que nous de se servir du mot de subslatice. Zwingle ne s'en est jamais servi, ni Bucer au commencement.
— Par la même raison les luthériens, qui reconnaissent la réalité sans changement de substance , en rejetant le terme de transsubstantiation, ont retenu celui de vraie et substantielle présence , ainsi que nous l'avons vu dans l'Apologie de la Confession d'Augsbourg : el ces termes ont été choisis pour User au sens naturel ces paroles : Ceci est mon corps , comme le mot de consubstanliel a été choisi , par les Pères de Nicée , pour fixer au sens littéral ces paroles : Moi el mon Père, ce n'est qu'un'; el ces autres , Le Verbe était Dieu'^.
Aussi ne voyons-nous pas que Zwingle , qui le premier a donné la forme à l'opinion du sens figuré , et qui l'a expliquée le plus franchement , ait jamais employé le mol de substance. Au contraire , il a perpétuellement exclu la manducation , aussi bien que la présence substantielle , pour ne laisser qu'une manducation figurée , c'est-à-dire en esprit et par la foi'.
Bucer, quoique plus porté à des expressions ambiguës, ne se servit non plus au commencement, du mot de substance ou de communion et de présence substantielle : il se contenta seulement de ne pas condamner ces termes , et demeura dans les expressions générales que nous avons vues.
Voilà le premier état de la dispute sacramentaire, où les subtilités de Bucer introduisirent ensuite tant d'imporlunes variations qu'il nous faudra raconter dans la suite. Quant à présent, il suffit d'en avoir touché la cause.
XVIII. Doctrine de la justification : qu'il n'y a plus de difficulté après les choses qui en sont dites dans la Confession d' jiugsboury , et dans l'Apologie.
— La question de la justification, où celle du libre arbitre était renfermée, paraissait bien d'une autre importance aux protestants : c'est pourquoi dans l'Apologie, ils demandent par deux fois à l'empereur une attention particulière sur cette matière, comme étant la plus importante de tout l'Evangile et celle aussi où ils ont le plus travaillé ''. Mais j'espère iiu'on verra bientôt qu'ils ont travaillé en vain, pour ne rien dire de plus, et qu'il y a plus de
1. Joan., X, 30. — 2. Idem, i. 1. — 3. Epist. ad. Cœs. el Pline. Prol. — I. Ad. art. iv, de Jusiif., p. 60; de Pœn., p.
Kil.