‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 21 sur 545 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Siir les Dogmes.

PREMIERE REMARQUE

Trois erreurs justement imputées à notre auteur. Première erreur : Que Nestorius ne niait pas que Jésus-Christ fût Dieu , ou que la manière dont il le niait n'est pas celle qui a causé tant d'horreur.

L'habile homme qui a fait imprimer un mémoire adressé à la Sorbonne , objecte à M. Dupin un endroit de son histoire, où il dit trois choses sur le dogme de Nestorius' : la première, « que l'horreur » extrême que le peuple en témoigna, était attachée » à une fausse idée; » la seconde, « que quand on )) connul que son erreur était plus subtile, saint » Cyrille demeura d'accord qu'il eût mieux valu ne » pas remuer cette question; » la troisième, « qu'elle » consistait autant dans les mots que dans les cho- » ses. » Voilà trois particularités que M. Dupin nous découvre. On voit assez où elles tendent; et il ne reste qu'à examiner ce qu'il en faut croire.

Premièrement, est-il véritable que l'horreur que tout le peuple témoigna d'abord contre l'erreur de Nestorius, était attachée à une fausse idée? AL Dupin le prouve ainsi : « C'est qu'il parlait, dit-il, » d'une manière qui pouvait faire croire qu'il était » dans l'erreur de Photin et de Paul de Sainosate. » Ce fut pour cela, continue-t-il , que les prédica- » lions de Nestorius et de ses amis causèrent un si » grand scandale. On crut d'abord qu'il était dans » les sentiments de Paul de Samosale : la chose » étant ensuite bien examinée, on connul bien que » son erreur était plus subtile. »

Mais encore pourquoi crut-on que Nestorius était dans cette erreur? notre auteur va nous l'apprendre. « Quand, dit-il , on dit à un peuple, qui est accou- 11 tumé à entendre dire, en parlant de Jésus-Christ, » qu'un Dieu est né, qu'un Dieu est mort, etc., » quand on lui vient dire que ces propositions sont » fausses et insoutenables , il s'imagine aussitôt » qu'on nie que Jésus-Christ soit Dieu. » Si M. Du- ' pin se fût souvenu, je ne dis pas de sa théologie, mais des premières instructions du christianisme, il n'eût pas appelé cela imagination; puisqu'au contraire, si d'un côté Jésus-Christ est né et est mort, et si de l'autre il est faux et insoutenable

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