‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 239 sur 545 · CONSULTÂTIO LXJ TU E RI · texte numérisé non relu

CONSULTÂTIO LXJ TU E RI

Et aliorum SÏÏPER POLYG.UHA.

Serenissimo Principe Domino PiiiLippo, Lanc- GR-Vvio H.\ssi.E, Comiti in Catzenlenborjen, Diets, Ziegenhain et Nidda, nostro démenti Domino , gratiâ Dei, per Dominum nostrumJesum Christ um.

SÉnÉNlSSLME PrI.XCE ET SeiG.NEUR, SerENISSIME PniNXEPS ET DoMINE,

l. Nous avons appris de Bucer, et lu dans l'instruction que Votre Altesse lui a donnée , les peines d'esprit et les inquiétudes de conscience où elle est présentement ; et quoiqu'il nous ait paru très-difficile de répondre si tôt aux doutes qu'elle propose, nous n'avons pas néanmoins voulu laisser partir sans réponse le même Bucer, qui était pressé de retourner vers Votre Altesse.

n. Nous avons reçu une extrême joie, et nous avons loué Dieu de ce qu'il a guéri Votre Altesse" d'une dangereuse maladie ; et nous le prions qu'il la veuille longtemps conserver

L PosQUAM Vestra Celsitudo per dominum Bucerum diuturnas conscientia; suae molestias, nonnuUas simulque considerationes indicari curavit, addito scripto, seu instructione quam illi Vestra Celsitudo tradidit ; licet ita properanter expedirc responsum difficile sit. uoluimus tamen dominum Bucerum, reditum utique maturantera, sine scripto dimittere.

n. Imprimis sumus ex animo recreati, et Deo gralias agimus quod Vestram Celsiludinem difficili morbo liberaverit, pctimusque, ut Deus Celsiludinem Vestram in corpore et animo

confortarc et conservare dignetur.

III. Nam , prout Celsitudo Vestra videt, paupercula et misera Ecclesia est, exigua, et dereUcta , indigens probis dominis regentibus, sicut non dubitamus Deum aliquos conservaturum, quantumvis tentationes diversœ occurrant.

dans l'usage parfait de la santé qu'il vient de lui rendre.

III. Elle n'ignore pas combien notre Eglise pauvre, misérable , petite et abandonnée a besoin de princes régents vertueux oui la protègent; nous ne doutons point que Dieu ne lui en laisse toujours quelques-uns; quoiqu'il menace de temps en temps de l'en priver, et qu'il la mette à l'épreuve par de différentes tentations.

IV. Voici donc ce qu'il y a d'important dans la question que Bucer nous a proposée.

digna. Celsitudo Vestra per se Votre Altesse comprend assez ipsam satis perspicit, quantum d'elle-même la différence qu'il différant universalem legem y a d'établir une loi univercondere , vel in certo casu selle, et d'user de dispense en gravibus de causis, ex conces- un cas particuher pour de pressione divinà, dispensatione uti; santés raisons et avec la pernam contra Deum locum non mission de Dieu : car il est

IV. Circa 'quaestionem quam nobis Bucerus proposuit , haec nobis occurrunt consideratione

habet dispensatio.

d'ailleurs évident que les dispenses n'ont point de lieu contre la première des lois, qui est la divine.

V. Nous ne pouvons pas conseiller maintement que l'on introduise en public, et que l'on établisse, comme par une loi,

V. Nunc suadere non possumus ut introducatur publiée, et velut lege sanciatur permissio plures quàm unam uxo-

res ducendi. Si aliquid hàc de dans le Nouveau Testament , re prœlo committeretur, facile celle de l'Ancien , qui permetintelligit Vestra Celsitudo, id tait d'avoir plus d'une femme, praecepti instar intellectum et Votre Altesse sait que si l'on acceptatum iri : unde multa faisait imprimer quelque chose

scandala et diflicultates orirentur. Consideret quœsumus Celsitudo Vestra quàm sinistré acciperetur, si quis convinceretur hanc legem in Germaniam introduxisse, quaî œter-

sur cette matière , on le prendrait pour un précepte ; d'où il arriverait une infinité de troubles et de scandales. Nous prions Votre Altesse de considérer les dangers où serait

narura litiumet inquietudinum exposé un homme convaincu

(quod timendum) futura esset d'avoir introduit en Allemagne

seminarium. une semblable loi , qui diviserait les familles, et les engagerait en des procès éternels.

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