LX. Touchant la consultation j^i'àendue de la
1. Rcc. des Pièces, I. part., liv. ii, n. 35. — 2. Idem, liv. n, j,. 144. 3. y. i,Préf.— i. Ilisl. del Conc. Trid., li'j. i, ann. 1534. — ô. TItcdoi:, Ilisl., Ub. i, an. 1531.
Faculté do théologie de Paris. — Je no veux pas décider si la conclusion de la Faculté de théologie de Paris , que M. Burnet in'oduil en faveur des prétentions de Henri', est véritable : d'autres que moi traiteront celte (luestion; mais je dirai seulement (lu'cUe est très-suspecte, tant à cause du style fort dill'érent de celui dont la faculté a coutume d'user, qu'à cause que la conclusion de M. Burnet esl datée du 2 juillet 1530 aux ]\Ialhurins; au lieu qu'en ce temps, et quelques années auparavant, les assemblées de la Faculté se tenaient ordinairement en Sorbonne.
LXI. Récit du jurisconsulte Charles Dumoulin. — Dans les noies que Charles Dumoulin, ce célèbre jurisconsulte, a faites sur les conseils de Decius, il y esl parlé d'une délibération des docteurs en théologie de Paris en faveur du roi d'Angleterre, le premier juin 1530-; mais cet auteur la marque en Sorbonne. Au reste il fait peu de cas de cette délibération , où l'avis favorable au roi d'Angleterre passa de cinquante-trois contre quarante-deux, c'est-à-dire, de huit voix seulement, dont, dit-il, on ne devait jxis beaucoup se mettre en peine , à cause des angelots d'Angleterre qu'on avait distribués pour les acheter; ce qu'il assure avoir reconnu par des attestations que les présidents Dufrcsne et Poliot en avaient données par ordre de François 1". D'où il conclut que le vrai avis de la Sorbonne, c'est-à-dire, le naturel, et celui qui n'avait pas élé acheté, était celui qui favorisait le mariage de Henri et de Catherine. Au surplus , il est bien certain que dans le temps de la délibération, François, qui favorisait alors le roi d'Angleterre, avait chargé M. Liset , premier président, de solliciter pour lui les docteurs, comme il parait par les lettres qu'on a encore en original dans la bibliothèque du roi , où il rend compte de ses diligences. Savoir maintenant si celle délibération fut faite par la Faculté assemblée en corps, ou si c'est seulement l'avis de plusieurs docteurs, qu'on publia en Angleterre sous le nom de la Faculté , comme il arrive en cas semblable : c'est ce qu'il ne m'importe guère d'examiner. On voit assez que la conscience du roi d'Angleterre était plutôt cliargée que soulagée par de semblables consullalions, faites par brigues, par argent, et par l'autorité de deux si grands rois. Les autres, qu'on nous rapporte, ne se llrcnl pas de meilleure foi. M. Burnet rapporte lui-même une lettre de l'agent du roi d'Angleterre en Italie, qui écrit que s'il avait assez d'argent, il engagerait tous las théologiens d'Italie à signer^. C'était donc l'argent, et non pas la volonté qui lui manquait. Mais sans m'arrêler davantage aux historiettes que M. Burnet nous raconte avec une si vaine exactitude'', il n'y a personne qui n'avoue que Clément VII eût élé trop indigne de sa place, si dans une alfaire de celte imporlance il avait eu le moindre égard à ces consultations mendiées.
LXII. Raisons de la décision de Clément VIL — Eu ellct, la qucsiion fut déterminée par des princi[)es plus solides. Il paraissait clairement que la défense du Léviti(]ue ne portait point le caractère d'une loi naturelle et indispensable, i)uis(iue Dieu y dérogeait en d'autres endroits. La dispense de
1. lier, des Pièces , I. Piift., /■ il, p. 2, n. 31. — 2. Not. ad Cons. G02. — 3. Liv. i, j:. 13S. — 4. Idcru. .