At(., xxiii
)). m et seq. — 3. Idem,
Chytr. in Sax., îih. 17, tit. OsiiMid, p. 448. — 4. Hosp., f. 2(i4.
XXXVII. La question de l'tibiquité fait tourner Mélanchton vers les sacramenlaires (1559). — Mais la grande affaire du temps parmi les luthériens fui celle de l'ubiquité, que Vestphale, Jacques-André Smidelin, David Chytré et les autres établissaient de toutes leurs forces. Mélanchton leur opposait deux raisons qui ne pouvaient pas être plus convaincantes : l'une, que cette doctrine confondait les deux natures de Jésus-Christ, le faisant immense non-seulement selon sa divinité, mais encore selon son humanité, et même selon son corps : l'autre, qu'elle détruisait le mystère de l'Eucharistie , à qui on ôtail tout ce qu'il avait de particulier, si Jésus- Christ comme homme n'y était présent que de la même manière qu'il l'est dans le bois ou dans les pierres. Ces deux raisons faisaient regarder à Mélanchton la doctrine de l'ubiquité avec horreur ; et l'aversion qu'il en avait lui faisait insensiblement tourner sa contlance du coté des défenseurs du sens figuré. Il entretenait un commerce particulier avec eux, principalement avec Calvin. Mais il est certain qu'il ne trouvait pas dans ses sentiments ce qu'il désirait.
XXXVIII. hicompatibilité des sentiments de Mélanchton et de Calcin. — Calvin soutenait opiniâtrement qu'un fidèle régénéré une fois ne pouvait perdre la grâce : et Mélanchton convenait avec les autres luthériens que cette doctrine était condamnable et impie'. Calvin ne pouvait souffrir la nécessité du Baptême : et Mélanchton ne voulut jamais s'en départir. Calvin condamnait ce que disait Mélanchton sur la coopération du libre arbitre : et Mélanchton ne croyait pas pouvoir s'en dédire.
On voit assez qu'ils n'étaient nullement d'accord sur la prédestination ; et quoique Calvin répétât sans cesse que Mélancthon ne pouvait pas s'empêcher d'être dans son cœur de même sentiment que lui, il n'a jamais rien tiré de Mélanchton sur ce sujet-là.
XXXIX. Si Mélanchton était cahiyiisle sur l'Eucharistie. — Pour ce qui regarde la Cène, Calvin se vante partout que Mélanchton était de son avis : mais comme il ne produit aucune parole de Mélanchton qui le dise clairement , et qu'au contraire il l'accuse dans toutes ses lettres et dans tous ses livres de ne s'être jamais assez expliqué sur ce sujet, je crois qu'on peut douter raisonnablement de ce qu'avance Calvin; et il me semble que ce qu'on peut dire avec le plus de vraisemblance, c'est que ces deux auteurs ne s'entendaient pas bien l'un f autre; Mélanchton étant ébloui des termes de propre substance que Calvin affectait partout , comme nous verrons; et Calvin aussi tirant à lui les paroles où Mélanchton séparait le pain d'avec le corps de Notre Seigneur, sans néanmoins prétendre par là déroger à la présence substantielle qu'il reconnaissait dans les fidèles communiants.
S'il en fallait croire Peucer, le gendre de Mélanchton, son beau-père élait un pur calviniste. Peucer le devint lui-même, et souffrit beaucoup dans la suite, à cause des intelligences qu'il entretint avec Bêze pour introduire le calvinisme dans la Saxe. Il se faisait un honneur de suivre les sentiments de son beau-père, et il a fait des livres