‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 280 sur 545 · XLI. Triste état de Mélanchton , et sa mort · texte numérisé non relu

XLI. Triste état de Mélanchton , et sa mort

1. Peuc, jfiirr. hi.si. de sent. Mil. II. Hist. cai-cer., etc. — 2. Ci-dessus, liv. iv, n. 23. — 3. Huspin., adan. 1557,p. 249,250. — 4. Peuc, Hist. carc. Ep. ad Pal. ap. Hosp., 1559, p. 260. — 5. Peuc. Aulic.

Quel élat de ne pouvoir trouver nulle pari ni la paix , ni la vérité comme il l'entendait ! Il avait quitté l'ancienne Eglise qui avait pour elle la succession et tous les siècles précédents. L'Eglise luthérienne qu'il avait fondée avec Luther, et qu'il avait cru le seul asile de la vérité, embrassait l'ubiquité qu'il détestait. Les Eglises sacramentaires, qu'il avait crues les plus pures après les luthériennes, étaient pleines d'autres erreurs qu'il ne pouvait supporter, et qu'il avait rejetées dans toutes ses Confessions de foi. Il paraissait qu'on le respectait dans l'Eglise de Wittemberg; mais les cruels ménagements auxquels il se voyait asservi l'empêchaient de dire tout ce qu'il pensait; et il finit en cet état sa vie malheureuse en l'an 1560.

XLII. Les zicingliens condamnés par les luthériens : et les catholiques justifiés par cette conduite (1560). — lUyricet ses sectateurs triomphèrent par sa mort : l'ubiquité fut établie presque dans tout le luthéranisme, et les zwingliens furent condamnés par un synode tenu en Saxe dans la ville de lène'. Mélanchton avait empêché qu'on ne prononçât jusqu'alors une pareille sentence. Depuis qu'elle eût été donnée, on ne parla plus dans les écrits contre les zwingliens, que de l'autorité de l'Eglise , et on voulait que tout y cédât sans raisonner. On commençait à connaître dans le principal parti de la nouvelle Réforme, c'est-à-dire, parmi les luthériens, qu'il n'y avait que l'autorité de l'Eglise qui put retenir les esprits et empêcher les divisions. Aussi voyons-nous que Calvin ne cesse de leur reprocher qu'ils faisaient valoir le nom de l'Eglise plus que ne faisaient les papistes, et qu'ils allaient contre les principes que Luther avait établis^. Il était vrai ; et les luthériens avaient à répondre aux mêmes raisonnements, que tout le parti protestant avait opposés à l'Eglise catholique et à son concile. Ils objectaient à l'Eglise , qu'elle se rendait juge en sa propre cause , et que le Pape avec ses évoques étaient tout ensemble accusés, accusateurs, et juges 3. Les sacramentaires en disaient autant aux luthériens qui les condamnaient ''. Tout le corps des protestants disait à l'Eglise, que leurs pasteurs devaient être assis avec tous les autres dans le concile qui se tiendrait pour juger les questions de la foi; qu'autrement c'était préjuger contre eux , sans les avoir entendus. Les sacramentaires faisaient le même reproche aux luthériens^, et leur soutenaient qu'en s'attribuant l'autorité de les condamner sans appeler leurs pasteurs dans les séances , ils commençaient à faire eux-mêmes ce qu'ils avaient appelé une tyrannie dans l'Eglise romaine. Il paraissait clairement qu'il en fallait enfin venir à imiter l'Eglise catholique, comme celle qui savait seule la vraie manière de juger les questions de la foi ; et il paraissait en même temps, par les contradictions où tombaient les luthériens en suivant cette manière, qu'elle n'appartenait pas aux novateurs, et ne pouvait subsister que dans un corps qui l'eût pratiquée dès l'origine du christianisme.

XLIII. Assemblée des luthériens à Naiimbourq , pour convenir sur la Confession d' .Augsbnurçi (1561). — En ce temps on voulut choisir entre

1. Hospin., 1560, p. 269. - 2. //. rie/". c<inl. Vcstph. — 3. Catv. Ep-, p. 324, ad III. Gerin. Princ; II. defens. cont. Vest. opusc. 2S6. — 4. Hospin., an. 1560, 209, et seq. — 5. Hospin., an. 1500,270,271.

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