‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 282 sur 545 · Conc, p. 080. — 2. Idem, p · texte numérisé non relu

Conc, p. 080. — 2. Idem, p

J.IVRK VIII (1546-I5fii).

la chose est incontestable; et c'est ce qu'on appelle la grâce excitante. S'ils veulent dire que la volonté, lorsqu'elle consent à la grâce, et qu'elle commence par ce moyen à se convertir, n'agit pas de ses propres forces naturelles : c'est encore un point avoué par les catholiques. S'ils veulent dire qu'elle n'agit point du tout, et qu'elle est purement passive, ils ne s'entendent pas eux-mêmes; et contre leurs propres principes, ils éteignent toute action et toute lîoopéralion , non-seulement dans le commencement de la conversion, mais encore dans toute la suite de la vie chrétienne.

LU. Objection des libertins , et difficulté des infirmes sur la coopération. — La seconde chose qu'enseignent les luthériens sur la coopération de la volonté est encore digne d'être remarquée, parce i[u'elle nous découvre clairement dans quel abîme on se jette quand on abandonne la règle.

Le livre de la Concorde tâche d'éclaircir l'objection suivante des libertins, faite sur le fondement lie la doctrine luthérienne. « S'il est vrai , disent- » ils', comme on l'enseigne parmi vous, que la vo- » lonté de l'homme n'ait point de part à la conver- 0 sion des pécheurs , et que le Saint-Esprit y fasse » tout, je n'ai que faire de lire ni d'entendre la » prédication, ni de fréquenter les sacrements, et » j'attendrai que le Saint-Esprit m'envoie ses dons.» Cette même doctrine jetait les fidèles dans d'étranges perplexités : car comme on leur apprenait que d'abord que le Saint-Esprit agissait en eux, il les tournait tellement lui seul qu'ils n'avaient rien du tout à faire; tous ceux qui ne sentaient point en eux-mêmes celte foi ardente, mais seulement des misères et des faiblesses , tombaient dans ces tristes pensées et dans ce doute dangereux, s'ils étaient du nombre des élus, et si Dieu leur voulait donner son Saint-Esprit.

LUI. La résolution des luthériens par huit propositions. Les quatre premières qui contiennent les principes généraux. — Pour satisfaire à ces doutes l't des libertins et des chrétiens inllrmes, qui dilïévaient leur conversion, il n'y avait point à leur dire qu'ils résistaient au Saint-Esprit dont la grâce les sollicitait au dedans de se rendre à lui; puisqu'on leur disait au contraire que dans ces premiers moments, où il s'agissait de convertir un pécheur, le Saint-Esprit faisait tout lui seul , et que l'homme n'agissait non plus qu'une souche.

Ils prennent donc un autre moyen de faire entendre aux pécheurs , qu'il ne tient qu'à eux de se convertir; et ils avancent ces propositions^.

En premier lieu : « Que Dieu veut que tous les

« hommes se convertissent, et parviennent au salut

» éternel. »

En second lieu : « Que pour cela il a ordonné que

« l'Evangile fut annoncé publiquement. » En troisième lieu ; « Que la prédication est le

» moyen par lequel Dieu assemble dans le genre

» humain une Eglise dont la durée n'a point de lin. » En quatrième lieu : « Que prêcher et écouter l'E-

« vangile sont les instruments du Saint-Esprit, par

» lesquels il agit etricacement en nous, et nous con-

» vertit. »

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