Sijut. Geil., II. part., p
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IX. Contre la ncce.'isUé du Baptême. — El si nous sommes jusliliés par la seule foi, le Raplrme n'est nécessaire ni en cllcl, ni en vœu. C'est pourquoi Calvin ne veut pas qu'il opère en nous la rémission des péchés, ni l'iniusion de la grâce; mais seulement qu'il en soit le sceau , et la marque que nous l'avons obtenue.
X. Suite de la doctrine de Calvin. Que les enfants des fidèles naissent dans la grâce. — II est certain qu'en disant ces choses, il fallait dire en mémo temps (pie les petits enfants étaient en grice indépendamment du Baptême. Aussi Calvin ne fit-il point de dilliculté de l'avouer. C'est ce qui lui lit inventer ([ue les enfants des fidèles naissaient dans l'alliance, c'est-à-dire, dans la sainteté, que le Baptême ne faisait que sceller en eux : dogme inouï dans l'Eglise, mais nécessaire à Calvin pour soutenir ses principes.
XI. Passage dont Calvin appuie ce nouveau dogme. — Le fondement de cette doctrine était, selon lui, dans cette promesse faite à Abraham : .Te serai ton Dieu et de ta postérité après toi'. Calvin soutenait (pie la nouvelle alliance non moins efTicacc que l'ancienne, devait par cette raison passer comme elle de père en fils , et se transmettre par la môme voie : d'où il concluait que la substance du Baptême, c'est-à-dire, la grâce et l'alliance, appartenant aux petits enfants, on ne leur en peut refuser le signe^, c'est-à-dire, le sacrement de Baptême : doctrine, selon lui, si assurée, qu'il l'inséra dans le Catéchisme, dans les mêmes termes que nous venons de rapporter-'', et en termes aussi forts dans la forme d'administrer le Baptême.
XII. Pourquoi Calvin est regardé comme l'auteur des trois dogmes précédents. — Quand je regarde Calvin comme l'auteur de ces trois dogmes, je ne veux pas dire qu'il soit absolument le premier qui les ait enseignés ; car les anabaptistes et d'autres encore les avaient déjà soutenus, ou en tout, ou en partie : mais je veux dire qu'il leur a donné un nouveau tour, et a fait voir mieux que personne le rapport qu'ils ont avec la justice imputée.
XIII. Calvin, posé ces principes, raisonnait mieux que Luther, mais s'égarait davantage. — Je crois pour moi qu'en ces trois articles, Calvin raisonnait plus conséquemment que Luther : mais il s'engageait aussi à de plus grands inconvénients, comme il arrive nécessairement à ceux qui raisonnent sur de faux |)rincipes.
XIV'. Inconvénients de la certitude du salut. — Si c'était un inconvénient dans la doctrine de Luther, qu'on fut assuré de sa justification, c'en était un bien plus grand, et qui exposait la faiblesse humaine à une tentation bien plus dangereuse, qu'on fût assuré de son salut.
XV . Inconvénients de l'inamissibilité soutenue par Calvin. — D'ailleurs, en disant que le Saint- Esprit et la justice ne s(^ pouvaient perdre non plus que la foi , ou obligeait le lidèle une fois justifié et persuadé de sa justification, à croire que nul crime ne serait capable de le faire déchoir de celte grâce.
En eiïet, Calvin soutenait qn'en perdant la crainte de Dieu on ne perdait pas la foi qui nous justifie''.
1 Gen., XVII. 7. — 2. Jnslil. iv, xv, n.22; xvi. 3, etc., 9, etc. — ?.. Dim. 30. — 4. Anlid. Conr. Trid. in sess. \t, cap. 16; Opusr., p. SIS<,
Il se servait à la vérité de termes étranges; car il disait que la foi était accablée, ensevelie, suffoquée; qu'on en perdait la possession, c'est-à-dire, le sentiment et la connaissance ; mais il ajoutait qu'avec tout cela elle n'était pas éteinte.
Il faut trop de subtilité pour concilier ensemble toutes ces paroles de Calvin : mais c'est que comme il voulait soutenir son dogme , il voulait aussi donner quelque chose à l'horreur qu'on a de reconnaître la foi justifiante dans une âme qui a perdu la crainte de Dieu , et qui est tombée dans les plus grands crimes.
XVI. Inconvénients de la doctrine qui fa'U naître en grâce les enfants. — Mais si on joint à ces dogmes celui qui enseigne que les enfants des fidèles apportent au monde la grâce en naissant ; dans quelle horreur lombe-t-on , puisqu'il faut nécessairement avouer que toute la postérité d'une fidèle est prédestinée !
La démonstration en est aisée selon les principes de Calvin. Qui nait d'un fidèle naît dans l'alliance, et par conséquent dans la grâce : qui a une fois la grâce n'en peut plus déchoir : si non-seulement on l'a pour soi-même, mais encore qu'on la transmette nécessairement à ses descendants, voilà donc la grâce étendue à des générations infinies. S'il y a un seul fidèle dans toute une race, la descendance de ce fidèle est toute prédestinée. Si on y trouve un seul homme qui meure dans le crime, tous ses ancêtres sont damnés.
XVII. Luther n'est pas moins blâmable d'avoir posé ces principes, que Calvin d'avoir tiré ces conséquences. — Au reste , les suites horribles de la doctrine de Calvin ne condamnent pas moins les luthériens que les calvinistes : et si les derniers sont inexcusables de se jeter dans de si étranges inconvénients, les autres n'ont pas moins de tort d'avoir posé des principes d'où suivent si clairement de telles conséquences.
XVIII. Si ces trois dogmes se trouvent dans les Confessions de foi. — Mais encore que les calvinistes aient embrassé ces trois dogmes comme un fondement de la Réforme, le respect des luthériens a fait, si je ne me trompe, que dans les Confessions de foi des Eglises calviniennes on a plutôt insinué qu'expressément établi les deux premiers dogmes, c'est-à-dire, la certitude de la prédestination, et l'inamissibilité de la justice'. Ce n'est proprement qu'au synode de Dordrecht qu'on en a fait authenliquement la déclaration : nous la verrons en son lieu. Pour le dogme qui reconnaît dans les enfants des fidèles la grâce inséparable d'avec leur naissance, nous le trouvons dans le Catéchisme dont nous avons rapporté les termes , et dans la forme d'administrer le Baptême".
XIX. Deu.r dogmes des calvinistes sur les enfants, peu convenables « lews principes. — Je ne veux pas assurer pourtant que Calvin et les calvinistes soienl bien constants dans ce dernier dogme : car encore qu'ils disent d'un côté que les enfants des fidèles naissent dans l'alliance, et que le sceau de la grâce qui est le Baptême ne leur est du qu'à cause que la chose même, c'est-à-dire, la grâce 'et la régénération leur est acquise par le bonheur
1. Confes. de Fr., art. 18, 19, 20, 21, 22; Cat. Dim. 18, IB, .33. — 2. Cat. fini. M: Form.du ll'ip. :>. n. 11.