Ep. ad illust. Princ. Grrin., p
HISTOIRE DES VAHTATIONS.
son cœur à cette décision. Ainsi il [uit quelque chose de Bucer cl de cet accord qu'il ajusta à su uioilo, et tAclia de faire un système tout ]iarliculier.
XXXI. Etat de la question remis. Sentiment des catholiques sur ces paroles : Ceci est mon corps. — Pour en entendre le l'oiid , il faut remettre en peu de jiaroles l'état do la question, et ne pas crainilre de répéter quelque chose de ce que nous avons déjà dit sur cette matière.
Il s'agissait du sens de ces paroles : Ceci est mon corps, ceci est mon sang.
Les catholiques prétendaient que le dessein de Notre Seigneur était de nous y donner ;i manger son corps et son sang , comme on donnait au.x anciens la chair des victimes immolées pour eux.
Comme cette manducalion était un signe aux anciens que la victime était à eux, et qu'ils participaient au sacrifice; ainsi le corps et le sang de Jésus- Christ immolé pour nous, nous étant donnés pour les prendre par la bouche avec le sacrement , ce nous était un signe qu'ils étaient à nous, et que c'était pour nous que le Fils de Dieu en avait l'ait à la croix le sacrilice.
Afin que ce gage de l'amour de Jésus-Christ fût efficace et certain , il fallait que nous eussions, non point seulement les mérites, l'esprit et la vertu, mais encore la propre substance de la victime immolée, et qu'elle nous fût donnée aussi véritablement à manger que la chair des victimes avait été donnée à l'ancien peuple.
C'est ainsi qu'on entendait ces paroles : Ceci est mon corps litre pour vous ; ceci est mon sang répandu pour tous'. C'est aussi véritablement mon corps, qu'il est vrai que ce corps a été livré pour vous, et aussi véritablement mon sang, qu'il est vrai que ce sang a été répandu pour vous.
Par la même raison on entendait que la substance de cette chair et de ce sang ne nous était donnée qu'en l'Eucharistie , puisque Jésus-Christ n'avait dit que là : Ceci est mon corps, ceci est mon sang.
Nous recevons donc Jésus-Christ en plusieurs manières dans tout le cours de notre vie; par sa grâce, par ses lumières, par son Saint-Esprit, par sa vertu toute-puissante : mais cette manière singulière de le recevoir en la propre et véritable substance de son corps et de son sang, était particulière à l'Eucharistie.
Ainsi l'Eucharistie était regardée comme un miracle nouveau, qui nous confirmait tous les autres que Dieu avait faits pour notre salut. Un corps humain tout entier donné en tant de lieux, à tant do personnes, sous les espèces du pain, c'était de quoi étonner tous les esprits; et nous avons déjà vu que les Pères s'étaient servis des effets les plus étonnants de la puissance divine pour expliquer celui-ci.
XXXII. Ce que fait la foi dans ce mystère. Sentiment des catholiques sur ces paroles : F.\ites ceci E.v MÉMontE DE MOI. — C'était peu que Dieu eût fait un si grand miracle en notre faveur, s'il ne nous eût donné le moyen d'en profiter; et nous ne le pouvions espérer que par la foi.
Ce mystère était pourtant, comme tous les autres, indépendant de la loi. Qu'on croie ou qu'on ne croie pas, Jésus-Christ s'est incarné, Jésus-Christ est mort, el s'est inmiolô pour nous; et par la môme