‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 296 sur 545 · Préseru · texte numérisé non relu

Préseru

■ 2. Idem, 196. — 3. Dini. ")2. — 4. Prést-rv.

Raptème, si ce n'est peut-être un nouveau signe; et c'est en vain que Calvin y mettait avec tant de soin la propre substance.

Par ce moyen les explications qu'on donne à présent aux paroles de Calvin, et à celle du Catéchisme et de la Confession de foi, c'est sous couleur d'interprétation une variation effective dans la doctrine, et une preuve que les illusions dont Calvin avait voulu amuser le monde pour entretenir l'idée de réalité, ne pouvaient subsister longtemps.

LXX. S'il n'y a que de simples défauts d'expressions dans ces endroits de Caki7i. — Il est vrai que pour couvrir ce faible visible de la secte, les calvinistes répondent qu'en tout cas on ne peut conclure autre chose de ces expressions qu'on leur reproche, si ce n'est peut-être qu'au commencenienl on ne se serait pas expliqué parmi eux en termes assez propres ' : mais répondre de celle sorte , c'est faire semblant de ne voir pas la difficulté. Ce qu'on doit conclure de ces expressions de Calvin el des calvinistes, c'est que les paroles de Notre Seigneur leur ont mis d'abord dans l'esprit, malgré qu'ils en eussent, une impression de réalité qu'ils ne pouvaient remplir, et qui ensuite les obligeait à dire des choses, qui, n'ayant aucun sens dans leur croyance, rendent témoignage à la nôtre, ce qui n'est pas seulement se tromper dans les expressions, mais confesser une erreur dans la chose même, el en porter encore la conviction dans sa propre Confession de foi.

LXXI. Calvin a voulu faire entendre plus qu'il ne disait en effet. — Par exemple, quand d'un côté il faut dire qu'on reçoit la propre substance du corps et du sang de Notre Seigneur; el de l'autre , qu'il faut dire aussi qu'on ne les reçoit que par leur vertu, comme on reçoit le soleil par ses rayons, c'est dire des choses contradictoires, el se confondre soi-même.

De même, quand d'un côté il faut dire que dans la Cène calvinienne on reçoit autant la propre substance du corps et du sang de Jésus-Christ que dans celle des catholiques, et qu'il n'y a de dilïérence que dans la manière; et qu'il faut dire d'aulre part que le corps et le sang de Jésus-Christ sont en leur substance aussi éloignés des Odèles que le ciel l'est de la terre, de sorte qu'une présence réelle et substantielle se trouve au fond la même chose qu'un si prodigieux éloignement : c'est un prodige inou'i dans le discours; et de telles expressions ne servent qu'à faire voir qu'on voudrait bien pouvoir dire ce qu'en elTet on ne peut pas dire raisonnablement selon ses principes.

LXXII. Pourquoi les hérétiques sont obligés d'imiter le layigage de l'Eglise. — Et afin de faire voir une fois, pour n'être plus obligé d'y revenir, la conséquence de ces expressions de Calvin et des premiers calvinistes, songeons qu'il n'y eut jamais d'hérétiques qui n'affectassent de parler comme l'Eglise. Les ariens et les sociniens disent bien comme nous que Jésus-Christ est Dieu, mais inipropremenl el par représentation, parce qu'il agit au nom de Dieu el par son autorité. Les nestoricns disent bien que le Fils de Dieu el le Fils de Marie ne sont que la même personne ; mais comme un ambassadeur est aussi la même personne avec le

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