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HISTOIRE DKri VAIUATIONS.
prince qu'il représente. Dira-l-on qu'ils ont le môme fonil que l'Eglise catholique, et n'en différent que dans la manière de s'expliquer? On dira au ciintraire qu'ils parlent comme elle, sans penser comme elle; parce que le mensonge est forcé d'imiler du moins la vcrilc. C'est justement ce que fait la propre substance, et les autres expressions semblables dans le discours de Calvin et des calvinistes.
LXXIII. Triomphe de la rérilé. — Nous pouvons remaniuer ici le trionqilie tout manifeste de la vérité catholique; puisque le sens littéral des paroles de Jcsus-Clirist que nous défendons, après avoir forcé Luther à le soutenir malgré qu'il en eut, ainsi que nous l'avons vu , a encore forcé Calvin , qui le nie, à confesser tant de choses par lesquelles il est établi d'une manière invincible.
LXXIV. Passage de Cakin pour une présence réelle indépendante de la foi. — Avant que de sortir de celte matière, il faut encore observer un endroit de Calvin qui nous donnera beaucoup à deviner; et je ne sais si nous en pourrons pénétrer le fond. Il s'agit des luthériens, qui sans détruire le pain, enferment le corps dedans. « Si, dit-il', ce qu'ils » prétendent était seulement que pendant qu'on » présente le pain dans le mystère on présente en » même temps le corps , à cause que la vérité est » inséparable de son signe, je ne m'y opposerais » pas beaucoup. »
C'est donc ici quelque chose qu'il n'approuve ni n'improuve pas tout à fait. C'est une opinion mitoyenne entre la sienne et celle du commun des luthériens : opinion où l'on met le corps inséparable du signe, par conséquent indépendannnent de la foi, puisqu'il est constant que le signe peut être reçu sans elle : et cela, qu'est-ce autre chose que l'opinion que nous avons attribuée à Bucer et à Mélanchton, où l'on admet une présence réelle, même dans la communion des indignes et sans le secours de la foi où l'on veut que cette présence accompagne le signe quant au temps, mais ne soit point enfermée dedans quant au lieu? Voilà ce que Calvin n'improuve pas beaucoup; de sorte qu'il n'improuve pas beaucoup une vraie présence réelle inséparable du sacrement, et indépendante de la foi.
LXXV. Des cérémonies rejetées par Calvin. — J'ai t;\ché de faire connaître la doctrine de ce second patriarche de la nouvelle Réforme; et je pense avoir découvert ce qui lui a donné tant d'autorité dans ce parti. Il a paru avoir de nouvelles vues sur la justice impulative qui faisait le fondement de la Réforme , et sur la matière de l'Eucharistie qui la divisait depuis si longtemps : mais il y eut un troisième point qui lui doima grand crédit parmi ceux qui se piquaient d'avoir de l'esprit. C'est la hardiesse qu'il cul de rejeter les cérémonies beaucoup plus que n'avaient fait les luthériens; car ils s'étaient fait une loi de retenir celles qui n'étaient pas manifestement contraires à leurs nouveaux dogmes. Mais Calvin fut inexorable sur ce point. Il condamnait Mélanchton, qui trouvait à son avis les cérémonies trop indifférentes'-; et si le culte qu'il introduisit parut trop nu à quelques-uns, cela même fut un nouveau charme pour les beaux es-