Insl., IV, 17, Ji. 16. — 2. Ep. ad Mit., p. 120, etc
prils, (pii crurent par co moyen s'élever au-dessus des sens, et se distinguer du vulgaire. Et parce que les a|)ôtres avaient écrit peu de choses touchant les cérémonies qu'ils se contentaient d'établir par la prati(iue, ou que même ils laissaient souvent à la dis]>osition de chaque Eglise , les calvinistes se vanlaient d'être ceux des réformés qui s'attachaient le [lins purement à la lettre de l'Ecriture; ce qui fut cause qu'on leur donna le titre de Puritains en Angleterre et en Ecosse.
LXW'I. Quelle opinion on eut des cakinistes parmi les protestants. — Par ces moyens, Calvin raffina au-dessus des premiers auteurs de la nouvelle Réforme. Le parti qui porta son nom fut extraordinairement haï par tous les autres protestants, qui le regardèrent coume le plus lier, le plus inquiet et le plus séditieux qui eût encore paru. Je n'ai pas besoin de rapporter ce qu'en a écrit en divers endroits Jacques, roi d'Angleterre et d'Ecosse. Il fait néanmoins une exception en faveur des puritains des autres pays, assez content pourvu qu'on sût qu'il ne connaissait rien de plus dangereux, ni de plus ennemi de la royauté que ceux qu'il avait trouvés dans ses royaumes. Calvin flt de grands progrès en France; et ce grand royaume se vit à la veille de périr par les entreprises de ses sectateurs : de sorte ([u'il fut en France à peu près ce que Luther fut en Allemagne. Genève, qu'il gouverna, ne fut guère moins considérée que Wittemberg , où le nouvel Evangile avait commencé ; et il se rendit chef du second parti de la nouvelle Réforme.
LXX\'II. Orgueil de Calvin. — Combien il fut touché de cette gloire, un petit mot, qu'il écrit à Mélanchton, nous le fait sentir. « Je me reconnais » dit-il', de beaucoup au-dessous de vous; mais » néanmoins je n'ignore pas en quel degré de son » théâtre Dieu m'a élevé : et notre amitié ne peut » être violée sans faire tort à l'Eglise. »
Se voir exposé aux yeux de toute l'Europe comme sur un grand théâtre; s'y voir par son éloquence dans les premiers rangs , et s'y être fait un nom et une autorité qu'on respecte dans un grand parti : Calvin ne s'en peut taire; c'est pour lui un doux appât, et c'est celui qui a fait tous les hérésiarques.
LXXVIII. Ses vanteries. — C'est ce charme secret qui lui a fait dire dans sa réponse à Baudouin son grand adversaire": « Il me reproche que je n'ai » point d'enfants, et que Dieu m'a olé un fils qu'il » m'avait donné. Fallail-il me faire ce reproche , à » moi qui ai tant de milliers d'enfants dans toute la » chrétienté? » A quoi il ajoute : « Toute la France » connaît ma foi irréprochable , mon intégrité , » ma patience, ma vigilance, ma modération, et » mes travaux assidus pour le service de l'Eglise; » choses qui sont iirouvées par tant de marques » illustres dès ma première jeunesse. Il me suffit » de pouvoir par une telle confiance me tenir tou- « jours dans mon rang jusqu'à la lin de ma vie. »
LXXIX. Différence de Luther et de Cakin. — Il a tant loué la sainte jactance et la magnanimité de Luther, qu'il était malaisé qu'il ne l'imitât; encore que, pour éviter le ridicule où tomba Luther, il se piquât surtout d'être modeste, comme un homme
1 . Kp. Catv , p. 145. — 2. Reap. ad Buld. int. Opuic. Calv., p. 370.