If. Dcf. Opusc
Calv. 752; Hosp., an.
)'. 777. .\dmonit. 836. ibid. — 2. Opus. 1.554. — 3. Art. XXII, XXIII.
Si on n'eiilend parler dans cet accord ni de la propre substance du corjjs et du sang reçus dans la Cène, ni des merveilles incompréhensibles de ce sacrement, ni des autres choses semblables que nous avons remarquées dans le Catéchisme et dans la Confession de foi des calvinistes de France, la raison n'en est pas malaisée à deviner. C'est, comme nous l'avons vu, que les Suisses, et surtout ceux de Zurich instruits par Zwingle, n'avaient jamais voulu reconnaître aucun miracle dans la Cène; et contents de la présence de vertu, ils ne savaient ce que voulait dire celte communication de propre substance que Calvin et les calvinistes vantaient tant; de sorte que, pour s'accorder, il fallut supprimer ces choses, et présenter aux Suisses une Confession de foi dont ils pussent s'accommoder.
LXXXVII. Troisième Confession de foi envoyée en Allemagne. — A ces deux Confessions de foi dressées par Calvin, dont l'une élait pour la France, cl l'autre fut composée pour s'accommoder avec les Suisses, on en ajouta, pendant qu'il vivait encore, une troisième en faveur des protestants d'Allemagne.
Bèze et Farel, comme députés des Eglises réformées de France et de celle de Genève , la portèrent en 1557 à Worms, où les princes et les Elats de la Confession d'Augsbourg étaient assemblés. On les voulait engager à intercéder pour les calvinistes auprès de Henri II, qui, à l'exemple de François ï" son père, n'oubliait rien pour les abattre. Les termes de propre substance ne furent pas oubliés, comme on faisait volontiers quand on traitait avec les Suisses. Mais on y ajouta beaucoup d'autres choses : et je ne sais pour moi comment on peut accorder cette Confession avec la doctrine du sons ligure. Car il y est dit « qu'on reçoit dans la Cône, » non-seulement les bienfaits de Jésus-Christ, mais » sa substance même et sa propre chair; que le » corps du Fils de Dieu ne nous y est pas proposé » en figure seulement et par signification, symbo- » liquement ou typiquement, comme un mémorial » de Jésus-Christ absent; mais qu'il est vraiment el )) certainement rendu présent avec les symboles, » qui ne sont pas de simples signes. Et si, disaient- » ils, nous ajoutons que la manière dont ce corps » nous est donné est symboliiiue et sacramentelle, » ce n'est pas qu'elle soit seulement figurative; » mais parce que, sous l'espèce des choses visibles, » Dieu nous oITre, nous donne, et nous rend pré- » sent avec les symboles ce qui nous y est signifié : » ce que nous disons , afin qu'il paraisse que nous » retenons dans la Cène la présence du propre » corps et du propre sang de Jésus-Christ; et que » s'il reste quelque dispute, elle ne regarde i)lus » que la manière'. »
Nous n'avions pas encore ouï dire aux calvinistes qu'il ne fallùl pas regarder la Cône comme un mémorial de Jésus-Christ absent : nous ne leur avions pas ouï dire , que pour nous donner non ses bienfaits, mais sa substance et sa propre chair, il nous la rendit rraimcnt présente sous les espèces; ni qu'il fallut reconnailrc dans la Cène une présence du propre corps et du propre sang : cl si nous ne connaissions les équivoques des sacramentaires , nous ne iiourrions nous empêcher de les prendre pour