‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 307 sur 545 · Calv.f Dilue, explic. Opusc, ■ 4. Tdem,!. m, p · texte numérisé non relu

Calv.f Dilue, explic. Opusc, ■ 4. Tdem,!. m, p

trait la présence réelle impossible, et contraire à la

séance de Jésus-Christ dans les cieux. « Toute cette » forte explication , dit M. Burnet , fut effacée dans » l'original avec du vermillon, n L'historien remarque avec,^oin qu'on peut encore la lire : mais cela même est un témoignage contre la doctrine qu'on elïace. On voulait qu'on la pût lire encore, aOn qu'il restât une preuve que c'était précisément celle-là qu'on avait voulut retrancher. On avait dit à la reine Elisabeth sur les images, « que la gloire des prei> miers réformateurs serait flétrie, si l'on venait » à rétablir dans les églises ce que ces zélés mar- » tyrs de la pureté évangélique avaient pris soin » d'abattre'. » Ce n'était pas un moindre attentat de retrancher de la Confession de foi de ces prétendus martyrs, ce qu'ils y avaient mis contre la présence réelle, et d'en oter la doctrine pour laquelle ils avaient versé leur sang. Au lieu de leurs termes simples et précis, on se contenta de dire, selon le dessein d'Elisabeth, « en termes vagues, que le )i corps de Notre Seigneur Jésus-Christ est donné » et reçu d'une manière spirituelle, et que le moyen » par lequel nous le recevons est la foi-. » La première partie de l'article est très-véritable, en prenant la manière spirituelle pour une manière audessus des sens et de la nature, comme la prennent les catholiques et les luthériens; et la seconde n'est pas moins certaine , en prenant la réception pour la réception utile, et au sens que saint Jean disait en parlant de Jésus-Christ, que les siens ne le reçurent pas', encore qu'il fut au monde en personne au milieu d'eux; c'est-à-dire, qu'ils ne reçurent ni sa doctrine ni sa grâce. Au surplus , ce qu'on ajoutait dans la Confession d'Edouard sur la communion des impies, qui ne reçoivent que les symlioles, fut pareillement retranché ; et on prit soin de n'y conserver sur la présence réelle, que ce qui pouvait être approuvé par les catholiques et les luthériens.

VII. Changements essentiels dans la liturgie d'Edouard.— Par la même raison, on changea dans la liturgie d'Edouard, ce qui condamnait la présence corporelle. Par exemple, on y expliquait qu'en se mettant à genoux, lorsqu'on recevait l'Eucharistie, « on ne prétendait rendre par là aucune adoration » à une présence corporelle de la chair et du sang: » cette chair et ce sang n'étant point ailleurs que » dans le ciel^. » Mais sous Elisabeth on retrancha ces paroles , et on laissa la liberté tout entière d'adorer dans l'Eucharistie la chair et le sang do Jésu.s-Christ comme présents. Ce que les prétendus martyrs et les auteurs de la Réformation anglicane avaient regardé comme une grossière idolâtrie , devint sous Elisabeth une action innocente. Dans la seconde liturgie d'Edouard on avait ôté ces paroles qu'on avait laissées dans la première : f.e corps ou le sang de Jésus-Christ garde ton corps et ton âme pour la tie éternelle; mais ces mots, qu'Edouard avait retranchés parce qu'ils semblaient trop favoriser la présence corporelle, furent rétablis par Elisabeth'. La foi allait au gré des rois; et ce que nous venons de voir ôté dans la liturgie par la même reine, y fut depuis remis sous le feu roi Charles II.

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