‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 325 sur 545 · LIVRE XI. - HISTOIRE DES ALBIGEOIS, DES VAUDOIS, ETC · texte numérisé non relu

LIVRE XI. - HISTOIRE DES ALBIGEOIS, DES VAUDOIS, ETC

nom de Pauliciens leur fut donné en Orient, par un nommé Cunstanlin , et enfin par un nommé Serge : et ils y parvinrent à une si grande puissance , ou par la faiblesse du gouvernemeet, ou par la protection des Sarrasins, ou même par la faveur de l'empereur Nicépliore très-attaché à celte secte', qu'à la fin persécutés par l'impératrice Théodore , femme de Basile-, ils se trouvèrent en étal de bAlir des villes, et de prendre les armes contre leurs princes^.

XIV. Histoire des pauliciens, par Pierre de Sicile, adressc'e à l'archemque de Bulgarie. — Ces guerres furent longues et sanglantes sous l'empire de Basile le Macédonien, c'est-à-dire, à l'extrémité du neuvième siècle. Pierre de Sicile fut envoyé par cet empereur à Tibrique, en Arménie', que Cédrénus appelle Téphrique', une des places de ces hérétiques, pour y traiter de l'échange des prisonniers. Durant ce temps il connut à fond les pauliciens; et il adressa un livre sur leurs erreurs, à l'archevêque de Bulgarie pour les raisons que nous verrons. \'ossius reconnaît que nous avons une grande obligation à Radérus, qui nous a donné en grec et en latin une histoire si particulière et si excellente^. Pierre de Sicile nous y désigne ces hérétiques par leurs propres caractères , par leurs deux principes, par le mépris qu'ils avaient pour l'Ancien Testament, par leur adresse prodigieuse à se cacher quand ils voulaient, et par les autres marques que nous avons vues'. Mais il en remarque deux ou trois qu'il ne faut pas oublier : c'était leur aversion particulière pour les images de la croix, suite naturelle de leur erreur, puisqu'ils rejetaient la passion et la mort du Fils de Dieu; leur mépris pour la sainte Vierge, qu'ils ne tenaient point pour mère de Jésus-Christ, puisqu'il n'avait pas de chair humaine; et surtout leur éloignement pour l'Eucharislie.

XV. Convenances des pauliciens avec les manichéens réfutés par saint Augustin. — Cédrénus, qui a pris de cet historien la plupart des choses qu'il raconte des pauliciens, marque après lui ces trois caractères, c'est-à-dire, leur aversion pour la croix, pour la sainte Vierge et pour la sainte Eucharistie*. Les anciens manichéens avaient les mêmes sentiments. Nous apprenons de saint Augustin', que leur Eucharistie n'était pas la notre, mais quelque chose de si exécrable qu'on n'ose même y penser loin qu'on puisse l'écrire. Jlais les nouveaux manichéens avaient encore reçu des anciens une autre doctrine qu'il importe de remarquer. Dès le temps de saint Augustin , Fauste le manichéen reprochait aux catholiques leur idolâtrie dans le culte qu'ils rendaient aux saints martyrs, et dans les

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