Pay. 61. — 2. Exp., n. 2. — 3. Iilem, h. i. B. T. III
L'anonyme prend ces paroles , et tout le dessein de l'Exposition, pour unepreuvequi montre que la doctrine de l'Eglise romaine, tout éclaircie et toute décidée qu'elle était dans le concile de Trente , n'est pas pourtant si claire, qu'elle n'ait pas besoin d'explication'. M. Noguier semble aussi tirer une pareille conséquence^; et ils ont tous deux regardé ï Exposition comme une explication dont l'obscurité du concile a eu besoin.
Mais on sait que ce n'est pas toujours l'obscurité d'une décision, surtout en matière de foi, qui fait qu'elle est prise à contre-sens : c'est la préoccupation des esprits, c'est l'ardeur de la dispute, c'est la chaleur des partis qui fait qu'on ne s'entend pas les uns les autres, et que souvent on attribue à son adversaire ce qu'il croit le moins.
Ainsi, quand l'auteur de ri?.ï-joo.siiio)i propose aux prétendus réformés les décisions du concile de Trente, et qu'il y ajoute ce qui peut servir à leur ôter les impressions qui les empêchent de les bien entendre, on ne doit pas conclure de laque ces décisions sont ambiguës; mais seulement qu'il n'y a rien de si bien digéré , ni de si clair qui ne puisse être mal entendu, quand la passion ou la prévention s'en mêle.
Que sert donc à M. Noguier et à l'anonyme', d'objecter à l'auteur de l'Exposition la bulle de Pie IV? Le dessein de V Exposition n'a rien de commun avec les gloses et les commentaires que ce Pape a défendus avec beaucoup de raison. Car qu'ont fait ces commenlaleurs et ces glossatcurs, surtout ceux qui ont glosé sur les lois? qu'ont-ils fait ordinairement, sinon de charger les marges des livres de leurs imaginations, qui ne font le plus souvent qu'embrouiller le texte, et qu'ils nous donnent cependant pour le texte même? Ajoutons que, pour conserver l'unité, ce même Pape n'a pas dû permettre à chaque docteur de proposer des décisions sur les doutes que la suite des temps et les vaines subtilités pouvaient faire naître. Aussi n'a-t-on rien de semblable dans l'Exposition. C'est autre chose d'interpréter ce qui est obscur et douteux; autre chose de proposer ce qui est clair, et de s'en servir pour détruire de fausses impressions. Ce dernier est précisément ce que l'auteur de ï Exposition a voulu faire. Que s'il a joint ces réHexions aux décisions du concile, pour les faire mieux entendre à des gens qui n'ont jamais voulu les considérer de bonne foi , c'est que leur préoccupation avait besoin de ce secours. Mais, pourquoi parler plus longtemps sur une chose qui n'a plus de difficulté? Nous avons donné en trois mots, un moyen certain pour éclaircir ceux qui s'opiniatreront à soutenir cette ambiguïté du concile. Ils n'ont qu'à lire , dans V Exposition , ses décrets qui y sont produits , et à se convaincre par leurs propres yeux.
Ce qu'il y a de plus important, c'est que l'auteur de l'Exposition ne s'est point trompé, quand il a promis que ce qu'il dirait, pour faire entendre le concile, serait manifestement du même esprit et approuvé dans l'Eglise. La chose parle d'elle-même, et les pièces suivantes le feront paraître.
Il ne faut donc plus penser que les sentiments exposés dans cet ouvrage soient des adoucissements