‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 334 sur 545 · Conr. Ursper., ad an. l'iM · texte numérisé non relu

Conr. Ursper., ad an. l'iM

humililé trompeuse, furent rejetés par le Sainl- Siége ; de sorte qu'on les traita dans la suite comme des hérétiques o])inicitres el incorrigibles. Mais enfin ils firent semblant d'être soumis jusqu'à l'an 1219, qui élait le quinzième d'Innocent III, el cinquante ans après leur naissance.

LXXXV. Patience de l'Eglise envers les Vaudois. — De là on peut juger de la patience de l'Eglise envers ces hôréliques; puis(iu'on voit cinquante ans durant, qu'on n'exerce contre eux aucune rigueur, mais qu'on tâche de les ramener par des conférences. Outre celle que Bernard, abbé de Fonlcald, nous a rapportée , nous en avons encore une dans Pierre de Vaucernai, environ l'an 1206, où les Vaudois furent confondus'; et enlin en 1212 ils viennent encore à Rome , où l'on se contente seulement de rejeter leur tromperie. Trois ans après. Innocent III tint le grand concile de Lalran, où en condamnant les hérétiques , il note en particulier ceux qui, sous prétexte de piété, s'attribuent l'autorité de prêcher sans être envoyés- : par où il semble avoir voulu noter principalement les Vaudois, et les faire remarquer par l'origine de leur schisme.

LXXXVI. La secte vaiidoise est une espèce de donatisme. — On voit maintenant avec évidence les commencements de la secle. C'était une espèce de donatisme , mais din'érent de celui que les anciens ont comballu dans l'Afrique, en ce que ces donatisles d'Afrique en faisant dépendre l'effet des sacrements de la verlu des ministres, réservaient du moins aux saints prêtres et aux saints évèques le pouvoir de les conférer, au lieu que ces nouveaux donalistes l'attribuaient, comme on a vu, aux laïques dont la vie était pure. Mais ils n'en vinrent à cet excès que par degrés ; car d'abord ils ne permettaient aux laïques que la prédication. Ils reprenaient non-seulement les mauvaises mœurs que l'Eglise condamnait aussi, mais encore beaucoup d'autres choses qu'elle approuvait, comme les cérémonies, sans néanmoins loucher aux sacrements : car Pylicdorf , qui a très-bien remarqué et l'ancien esprit et tout le progrès de la secte, remarque qu'ils détruisaient toutes les choses dont on se servait dans l'Eglise pour édifier les fidèles, à la réserve, dit-il', des sacrements seuls ; ce qui montre qu'ils les laissèrent en leur entier. Le même auteur raconte encore'' que ce ne fut « qu'après un long » temps qu'ils commencèrent étant laïques à enten- » drc les confessions, à enjoindre des pénitences el » adonner l'absolution. Et depuis peu, conlinue- )> l-il, on a remarqué qu'un de ces hérétiques, pur » laïque, a fait, selon sa pensée, le corps de Noire » Seigneur, et s'est communié lui-même avec ses » complices, encore qu'il en ait été un peu repris )i par les autres. »

LXXXVII. L'audace croît peu à peu. — Voilà comme l'audace croissait peu à peu. Les sectateurs de Valdo scandalisés de la vie de beaucoup de prêtres, « croyaient, dit encore Pylicdorf ^ ôtre » mieux absous par leurs gens, qui leur parais- » salent plus vertueux, que par les ministres de » l'Eglise : » ce qui venait de l'opinion dans la-

1. Pet. de Vall., t. vi, p. 56. — 2. Conc. Lat. iv, Can. 3. de Jlœrct., Labb., t. ii.\,part. I, col. 147. — 3. Pet. Pylicd. cont. Vald., c. I, t. IV, BM. PP., IL part., p. 780. — -J. Idem. — 5. PfH. PijUcd. cont. Vald., c. i, (. iv, IHbl. PP., II. part., p. 780.

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