‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 336 sur 545 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

LIVliE XI.

HISTOIRE DES ALBIGEOIS, DES VAUDOIS, ETt;

Au lieu donc d'une si vaine défaile, Auberlin devait reconnaître que si un homme si exact et si éclairé ne reprochait point cette erreur aux Vaudois, c'est qu'en elTet il ne l'avait pas reconnue parmi eux : en quoi il n'y a rien de particulier à Séyssel, puisque tous les autres auteurs ne les ont non plus accusés que cet archevêque.

XGIX. Vaine objection d'Aubertin. — Auberlin triomphe pourtant d'un passage du même Séyssel , où il dit , « qu'il n'a pas trouvé à propos de rap- » porter que quelques-uns de cette secte , pour se » montrer plus savants que les autres, babillaient, » ou raillaient plutôt qu'ils ne discouraient sur la » substance et la vérité du sacrement de l'Eucha- » ristie; parce que ce qu'ils en disaient, comme un » secret, était si haut, que les plus habiles théolo- » giens peuvent à peine le comprendre'. » Mais loin que ces paroles de Séyssel fassent voir que la présence réelle fut niée par les Vaudois, j'en conclurais au contraire, qu'il y en avait parmi eux qui prétendaient rafTinor en l'expliquant; et quand on voudrait penser, gratuitement toutefois et sans aucune raison, puisque Séyssel n'en dit mot, que ces hauteurs de l'Eucharistie où les Vaudois se jetaient, regardaient l'absence réelle, c'est-à-dire la chose du monde la moins haute et la plus conforme au sens de la chair; après tout, il parait toujours que Séyssel nous raconte ici , non la croyance de tous , mais le babil et le vain discours de quelques-uns : de sorte que de tous côtés il n'y a rien de plus certain que ce que j'ai avancé : qu'on n'a jamais reproché aux Vaudois d'avoir rejeté la transsubstantiation; au contraire, qu'on a toujours supposé qu'ils la croyaient.

G. Autre preuve par Séyssel, que les Vaudois

I croyaient la transsubstantiation. — En effet, le même Séyssel, en faisant dire à un Vaudois toutes ses raisons , lui met ce discours à la bouche contre un mauvais évèque et un mauvais prêtre^ : « Gomment l'évèque et le prêtre qui est ennemi de » Dieu pourra-l-il rendre Dieu propice envers les » autres? Celui qui est banni du royaume des cieux, » comment pourra-t-il en avoir les clés? Enfin » puisque sa prière et ses autres actions n'ont au- » cune utilité, comment Jésus-Christ à sa parole, » se Iransformera-t-il sous les espèces du pain et t. du vin, et se laissera-t-il manier par celui qu'il a » entièrement rejeté? » On voit donc toujours que l'erreur consiste dans le donatisme , et qu'il ne tient qu'à la bonne vie du prêtre que le pain et le vin ne soient changés au corps et au sang de .Jésus- Christ.

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