‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 342 sur 545 · Ci-es., Hisl. des Mart. en · texte numérisé non relu

Ci-es., Hisl. des Mart. en

» voires jusque bien loin où ils oyaient dire qu'il » s'élevait quelque rayon de lumière'. » Et ailleurs, il convient encore que « leurs ministres , qui les » enseignaient secrètement, ne le faisaient pas avec » telle pureté qu'il le fallait; car d'autant que » l'ignorance s'était débordée par toute la terre, » et que Dieu avait à bon droit laissé errer les » hommes comme bètes brutes, ce n'est point mer- )) veille si ces pauvres gens n'avaient point la doc- » trine si pure qu'ils ont eue depuis, et l'ont encore » plus aujourd'hui que jamais^. » Ces dernières paroles font sentir la peine qu'ont eue les calvinistes depuis 1536 à conduire les Vaudois où ils voulaient; et enfin il n'est que trop clair que depuis ce temps il ne faut plus regarder cette secte comme attachée à sa doctrine ancienne , mais comme réformée par les calvinistes.

CXXI. Preuve par Bèze. — Bèze fait assez entendre la même chose, quoiqu'avec un peu plus de précaution, lorsqu'il avoue dans ses portraits, « que la pureté de la doctrine s'était aucunement » abâtardie par les Vaudois'. » Et dans son Histoire , que « par succession de temps ils avaient » aucunement décliné de la piété et de la doc- » trine*. » Il parle plus franchement dans la suite, puisqu'il confesse que « par longue succession de » temps la pureté de la doctrine s'était grandement » abâtardie entre leurs ministres; » en sorte qu'ils reconnurent par le ministère « d'Œcolampade, de » Bucer et autres, comme peu à peu la pureté de » la doctrine n'était demeurée entre eux , et don- » nèrent ordre, envoyant vers leurs frères en Ca- » labre , que tout fût remis en meilleur état. »

CXXII. Changement des Vaudois de Calabre , et leur entière extinction. — Ces frères de Calabre étaient comme eux des fugitifs, qui, selon les maximes de la secte , tenaient leurs assemblées , au rapport de Gilles, « le plus couvertement qu'il leur » était possible, et dissimulaient plusieurs choses » contre leur volonté^ » On doit entendre maintenant ce que ce ministre nous cache sous ces mots : c'est que ces Vaudois de Calabre, à l'exemple de tous les autres , faisaient tout l'exercice de bons catholiques; et je vous laisse à penser s'ils eussent pu s'en exempter en ce pays-là, après ce que l'on a vu de la dissimulation des vallées de Pragelas et d'Angrogne. En efl'et , Gilles nous raconte que ces Calaljrais , persuadés à la fin de se retirer des assemblées ecclésiastiques, et n'ayant pu se résoudre, comme ce minisire le leur conseillait, à quitter un sibeaupaijs, furent bientôt abolis.

CXXIII. Les Vaudois d'à présent ne sont pas préde'cesseurs, mais sectateurs des calviiiistes. — Ainsi finirent les Vaudois. Gomme ils n'avaient subsisté qu'en se cachant, ils tombèrent aussitôt qu'ils prirent la résolution de se découvrir; car ce qui resta depuis sous le nom de Vaudois n'était plus, comme il parait, que des calvinistes, que Farel et les autres ministres de Genève avaient formés à leur mode : de sorte que ces Vaudois, dont ils font leurs prédécesseurs et leurs ancêtres , à vrai dire , ne sont que leurs successeurs, et de nouveaux sectateurs qu'ils ont attirés à leur croyance.

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