Auli., . C. 1, p
p. 968; La Roq., 747. — 3. Idem, c
(juc n'en dit Renier; car le démon ne se soucie pas par où il tienne les hommes. Ces hérétiques toulousains, manichéens constamment, n'avaient pas moins que les Vaudois cette piété apparente. C'est d'eux que saint Bernard a dit' : « Leurs mœurs » sont irréprochables ; ils n'oppriment personne ; » ils ne font de tort à personne; leurs visages sont » mortifiés et abattus par le jeûne; ils ne mangent » point leur pain comme des paresseux, et ils Ira- » vaillent pour gagner leur vie. b Qu'y a-t-il de plus spécieux que ces hérétiques de saint Bernard? Mais après tout, c'était des manichéens, et leur piété n'était que feinte. Regardez le fond : c'est l'orgueil, c'est la haine contre le clergé, c'est l'aigreur contre l'Eglise; c'est par là qu'ils ont avalé tout le venin d'une abominable hérésie. On mène où l'on veut un peuple ignorant, lorsqu'après avoir allumé dans son cœur une passion violente, et surtout la haine contre ses conducteurs, on s'en sert comme d'un lien pour l'entraîner. Mais que dirons-nous des Vaudois qui se sont si bien exemptés des erreurs manichéennes? Le démon a fait son ceuvre en eux, quand il leur a inspiré le même orgueil ; la même ostentation de leur pauvreté prétendue apostolique; la même présomption à nous vanter leurs vertus; la même haine contre le clergé, poussée jusqu'à mépriser les sacrements dans leurs mains; la même aigreur contre leurs frères portée jusqu'à la rupture et jusqu'au schisme. Avec cette aigreur dans le cœur, fussent-ils à l'extérieur encore plus justes qu'on ne dit, saint Jean m'apprend qu'ils sont homicides-. Fussent-ils aussi chastes que les anges , ils ne seront pas plus heureux que les vierges folles dont les lampes étaient sans huile', el les cœurs sans cette douceur qui seule peut nourrir la charité.
CXLIV. L'aigreur est le caractère de cette secte. Abus de l'Ecriture. — Renier a donc bien remarqué le caractère de ces hérétiques , quand il attribue la cause de leur erreur à leur haine , à leur aigreur, à leur chagrin : Sic processit doctrina ipsorum et rancor''. Ces hérétiques, dil-il , dont l'extérieur était si spécieux, lisaient beaucoup, et « priaient peu. Ils allaient au sermon; mais pour » tendre des pièges aux prédicateurs , comme les » Juifs en tendaient au Fils de Dieu; f c'est-à-dire qu'il y avait parmi eux beaucoup d'esprit de dis- ]jute, et peu d'esprit de componction. "Tous ensemble , et manichéens et Vaudois , ils ne cessaient de crier contre les inventions humaines, et de citer l'Ecriture sainte, dont ils avaient un passage toujours prêt, quoi qu'on leur put dire. Lorsqu'interrogés sur la foi ils éludaient la demande par des équivoques-^; si on les en reprenait, c'était, disaientils, Jésus-Christ même qui leur avait appris cette pratique, lorsqu'il avait dit aux Juifs ; Détruisez ce temple, et je le rebâtirai en trois jours" ; entendant du temple de son corps ce que les Juifs entendaient de celui de Salomon. Ce passage semblait fait exprès à qui ne savait pas le fond des choses. Les Vaudois en avaient cent autres de cette sorte qu'ils savaient tourner à leurs lins; et à moins d'être fort exercé dans les Ecritures, on avait peine à se tirer des filets qu'ils lendaiont. Un autre auteur nous
1. Serm. Lxv . in Cunl. — 2. 1. Joan., m. 15. — 3. Matth., XXV. 3. — 4. Cil. 5, p. 749. — 5. Jitn., ibid. ^ 6. Joan., ii, 19.