Pylictt., c. 10, y). 2S3. — 2. Apud Reii., c. 6, p
de dire plus hardiment avec le Pharisien : Nous ne sommes pas comme le reste des hommes '; nous sommes purs , nous sommes ces pauvres que Dieu aime : venez à nous, si vous voulez recevoir les sacrements.
CXLVII. S'il faut se laisser surprendre à leur fausse constance. Réponse mémorable de saint Bernard. — Il ne faut donc pas s'étonner de la régularité apparente de leurs mœurs ; puisque c'était une partie de la séduction, contre laquelle nous avons été prémunis par tant d'avertissements de l'Evangile. On ajoute, comme un dernier trait de la piété extérieure de ces hérétiques, qu'ils ont souffert avec une patience surprenante. Il est vrai; et c'est le comble de l'illusion. Car les hérétiques de ces temps-là, et même les manichéens dont nous avons vu les infamies, après avoir biaisé et dissimulé le plus longtemps qu'ils pouvaient pour se délivrer du dernier supplice , lorsqu'ils étaient convaincus, et condamnés selon les lois , couraient à la mort avec joie. Leur fausse constance étonnait le monde : Enervin , qui les accusait, ne laissait pas d'en être frappé, et demandait avec inquiétude à saint Bernard la raison d'un tel prodige-. Mais le saint trop instruit des profondeurs de Satan, pour ignorer qu'il savait faire imiter jusqu'au martyre à ceux qu'il tenait captifs, répondait que par un juste jugement de Dieu le malin pouvait avoir puissance, non-seulement sur les corps des hommes , mais encore sur leurs cœurs^ ; et que s'il avait bien pu porter Judas à se donner la mort à lui-même, il pouvait bien porter ces hérétiques à la souffrir de la main des autres. Ne nous étonnons donc pas de voir des martyrs de toutes les religions, et même dans les plus monstrueuses; et apprenons par cet exemple à ne tenir pour vrais martyrs que ceux qui soutïrent dans l'unité.
CXLVIII. Condamnation inécitable de ces hérétiques en ce qu'ils reniaient leur religion. — Mais ce qui devrait éternellement désabuser les protestants de toutes ces sectes impies, c'est la détestable coutume de renier leur religion, et de participer à notre culte pendant qu'ils le rejetaient dans leur cojur. Il est constant que les Vaudois, à l'exemple des manichéens , ont vécu dans cette pratique , depuis le commencement de la secte jusque vers le milieu du dernier siècle. Séyssel ne pouvait assez s'étonner^ de la fausse piété de leurs barbes qui condamnaient les mensonges jusqu'aux plus légers, comme autant de péchés mortels, et ne craignaient point devant les juges, de mentir sur leur foi, avec une opiniâtreté si étonnante, qu'à peine pouvait-on leur en arracher la confession avec la question la plus rigoureuse. Ils défendaient de jurer pour rendre témoignage à la vérité devant le magistrat ; et en même temps ils juraient tout ce qu'on voulait pour tenir leur secte et leur croyance cachées : tradition qu'ils avaient reçue des manichéens, comme ils avaient aussi hérité de leur présomption et de leur aigreur. Les hommes s'accoutument à tout, quand une fois leurs conducteurs ont pris l'ascendant sur leurs esprits, et surtout lorsqu'ils les ont engagés dans une cabale sous prétexte de piété.