Luc, xviii
in Cant. sub.fîn. —
— 2. Aiialect-, I. in, p. 454. — 3. Senti, lxti. 4. F. 47.
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HISTOIRE DES VARIATIONS
HISTOIRE DES FRERES DE BOHEME, VULGAIREiMEXT ET FAUSSEMENT APPELÉS VAUDOIS.
CXLIX. La secte des frères de Bohême. — Il faut maiiitciucnl parler do ceux qu'on appelait fausseuient Vaudois et Picards, et qui s'appelaient euxmêmes les frères de Bohème, ou les frères orthodoxes, ou les frères seulement. Ils composent une secte particulière séparée des Albigeois et des pauvres de Lyon. Lorsque Luther s'éleva, il en trouva quelques Eglises dans la Bohème , et surtout dans la Jloravic, qu'il détesta durant un long temps. Il en approuva dans la suite la Confession de foi corrigée, comme nous verrons. Bucer et Musculus leur ont aussi donné de grandes louanges. Le docte Canierarius dont nous avons tant parlé, cet intime ami de Mélanchton , a jugé leur histoire digne d'être écrite par son éloquente plume. Son gendre Rudiger, appelé par les Eglises protestantes du Palatinat, leur préféra celles de la Moravie dont il voulut être ministre'; et de toutes les sectes séparées de Rome avant Luther, celle-ci est la plus louée par les protestants ; mais sa naissance et sa doctrine feront bientôt voir qu'il n'y a aucun avantage à en tirer.
CL. Us désavouent ceux qui les appellent Vaudois; et pourquoi. — Pour sa naissance, plusieurs, trompés par le nom et par quelque conformité de doctrine, font descendre ces bohémiens des anciens Vaudois : mais pour eux ils renoncent à cette origine, comme il parait clairement dans la préface qu'ils mirent à la tète de leur Confession de foi en 1572-. Ils y expliquent amplement leur origine, et ils disent entre autres choses, que les Vaudois sont plus anciens qu'eux; que ceux-ci avaient à la vérité (|uelques Eglises dispersées dans la Bohème, lorsque les leurs commencèrent à paraître; mais qu'ils ne les connaissaient pas; que néanmoins ces Vaudois se tirent connaître à eux dans la suite; mais sans vouloir entrer, disent-ils, dans le fond de leur doctrine. « Nos annales, poursuivent-ils, nous ap- » prennent qu'ils ne furent jamais unis à nos » Eglises pour deux raisons : la première, parce » qu'ils ne donnaient aucun témoignage de leur foi » et de leur doctrine; la seconde, parce que pour » conserver la paix, ils ne faisaient point de difficulté » d'assister aux messes célébrées par ceux de l'E- » glise romaine. » D"oii ils concluaient, non-seulement « qu'ils n'avaient jamais fait aucune union 1) avec les Vaudois, mais encore qu'ils avaient tou- » jours cru qu'ils ne le pouvaient faire en sûreté » de conscience. » C'est ainsi qu'ils s'éloignent de l'origine vaudoise; et ce qui est ambitieusement recherché par les calvinistes , est rejeté par ceux-ci avec mépris.
CEI. Sentiments de Camerarius et de Rudiger. — Camerarius écrit la même chose dans son Histoire des Frères de Bolième : mais Rudiger, un de leurs ]iasleurs dans la Moravie, dit encore |dus clairement, que ces Eglises sont bien dill'érentesde celles des Vaudois' : « Que les Vaudois sont de l'an
1. De Eccl. Fi-'it. in Boh. cl Morav. Hist. Heid. 1005. — 2. De ovig. Eccl. lioh. ei Conf. ah Us editis. Heid. an. 1C05, cKtn hist. Jonc. Camer., p. 173. — 3. ffist., p. 10.5, etc.; Rudi/j., de Eccl. Frat. in Boh. et Mor. narr., p. 147.
» IIGO, au lieu que les frères n'ont commencé à "paraître ([ue dans le quinzième siècle; » et ((u'cnfin, « il est écrit dans les annales des Frères, » qu'ils ont toujours refusé constamment de faire » union avec les Vaudois, à cause qu'ils ne don- » naient pas une pleine Confession de leur foi , et » participaient à la messe. »
CLII. Les Vaudois désavoués par les Frères, aussi bien que les Picards. — Aussi voyons-nous que ces frères s'intitulent dans tous leurs synodes et dans tous leurs actes, les frères de Bohème, faussement appelés Vaudois'. Ils détestent encore plus le nom de Picards : « Il y a bien de l'apparence , » dit Rudiger^, que ceux qui l'ont donné les pre- 1) miers à nos ancêtres, l'ont tiré d'un certain Pi- » card, qui renouvelant l'ancienne hérésie des ada- 1) mites, introduisait et des nudités et des actions » infâmes; et comme cette hérésie pénétra dans la » Bohême , environ le temps de l'établissement de » nos églises, on les déshonora par un si infâme » titre, comme si nous n'eussions été que de rnisô- 1) râbles restes de cet impudique Picard. » On voit par là comme les frères rejettent ces deux origines, la picarde cl la vaudoise : « Ils tiennent même à » injure d'être appelés Picards et Vaudois'; » et si la première origine leur déplaît, la seconde, dont nos prolestants se glorifient, leur parait seulement un peu moins honteuse : mais nous allons voir maintenant que celle qu'ils se donnent eux-mêmes n'est guère plus honorable.
HISTOffiE DE JEAiN AYICLEF, ANGL.\IS.
CLIII. Doctrine impie de Wiclef, dans son Trialoque. — Ils se vantenl d'être disciples de Jean IIus : mais pour juger de leur prétention, il faut encore remonter plus haut, puisque Jean Hus lui-même s'est glorifié d'avoir eu Wiclef pour maître. Je dirai donc en peu de paroles ce qu'il faut croire de Wiclef, sans produire d'autres pièces que ses ouvrages, et le témoignage de tous les protestants de bonne foi.
Le principal de tous ses ouvrages, c'est le Trialofjue , ce livre fameux qui souleva toute la Bohème et excita tant de troubles en Angleterre. Voici quelle en élail la théologie : « Que tout arrive par néces- » site; qu'il a longtemps regimbé contre cette doc- » trine, à cause qu'elle était contraire à la liberté » de Dieu; mais qu'à la fin il avait fallu céder, et » reconnaître en même temps que tous les péchés » qu'on fait dans le monde sont nécessaires et iné- » vitables'' : que Dieu ne pouvait pas empêcher le » péché du premier homme , ni le pardonner sans » la satisfaction de Jésus-Christ; mais aussi qu'il » était impossible que le Fils de Dieu ne s'incarnât » pas, ne satisfil pas, ne mourût pas : que Dieu » à la vérité, pouvait bien faire autrement, s'il eut » voulu; mais qu'il ne pouvait pas vouloir autre- » ment; qu'il ne pouvait pas ne point pardonner » à l'homme : que le péché de l'homme venait de .i séduction et d'ignorance, et qu'ainsi il avait fallu I) ])ar nécessité que la Sagesse divine s'incarnât jiour » le réparer^ : que Jésus-Christ ne pouvait passau-
1. In Svnt. Sendom.; S;/nt. Gen., II. part., p. 219.-2. Rudiij., ibid., p. "148. — 3. Apol. 1532. ap. Lyil., t. ii, p. 137. — i. Lib. m, c. 7, 8, 23, p. 56, 82, edil. 1525.— 5. Idem, c. 24, 25, p. 85' etc.