‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 361 sur 545 · Ilnsvin., 1571,;.. :U · texte numérisé non relu

Ilnsvin., 1571,;.. :U

l'ut surprenante. Bôze eut ordre de leur écrire que le décret du synode de la Itoclielle ne les regardait pas , mais seulement certains Français ; de sorte qu'il y avait une Confession de foi pour la France, et une autre pour la Suisse, comme si la foi variait selon les pays , et qu'il ne fût pas aussi véritable qu'en Jésus-Christ il n'y a ni Suisse, ni Français , qu'il est véritable, selon saint Paul, qu'il n'y a ni Scijlhe , ni Grec'. Au surplus, Rèze ajoutait pour contenter les Suisses, que les Eç/lises de France détestaient la présence subslanlielle et charnelle, avec les monstres de la transsubstantiation et de la consuhstantialion. Voilà donc eu passant, les luthériens aussi maltraités que les catholiques, et leur doctrine regardée comme également monstrueuse; mais c'est en écrivant aux Suisses : nous avons vu qu'on sait s'adoucir quand on écrit aux luthériens, et que la consubslantialion est épargnée.

X. Les Suisses ne se contentent pas de la réponse de Bèzc, et se tiennent toujours pour condamnés. — Les Suisses ne se payèrent pas de ces subtilités du synode de la Rochelle, et ils virent bien qu'on les attaquait sous le nom de ces Français. BuUinger, ministre de Zurich, qui eut ordre de répondre à Rèze, lui sut bien dire que c'étaient eux en efl'el que l'on avait condamnés : « Vous condamnez, répon- » dit-il-, ceux qui rejettent le mot de propre sub- » stance; et qui ne sait que nous sommes de ce » nombre'? » Ce que Bèze avait ajouté contre la présence charnelle et substantielle, n'ôtait pas la difficulté : Bullinger savait assez que les catholiques aussi bien que les luthériens se plaignaient qu'on leur attribue une présence charnelle à quoi ils ne pensent pas; et d'ailleurs il ne savait ce que c'était de recevoir en substance ce qui n'est pas substantiellement présent : ainsi ne comprenant rien dans les raffinements de Bèze, ni dans sa substance unie sans être présente, il lui répondit, qti'il fallait parler nettement en matière de foi, pour ne point réduire les simples à ne savoir plus que croire; d'où il conclut, qu'il fallait adoucir le décret, et ne proposa que ce seul moyen d'accommodement.

XI. Il fallut enfin changer le décret, et réduire à rien la substance (1572.) Il y fallut enfin venir, et l'année suivante , dans le synode de Nimes, on réduisit la substance à si peu de chose , qu'il eût autant valu la supprimer tout à fait. Au lieu qu'au synode de la Rochelle il s'agissait de réprimer une opinion contraire à ce qui avait fondement exprès en la parole de Dieu, on lâche d'insinuer qu'il ne s'agit que d'un mot. On ell'ace du décret de la Rochelle ces mots qui en faisaient tout le fort : Le synode rejette l'opinion de ceux qui ne veulent rececoir le mot de substance. On déclare (ju'on no veut point préjudicicr aux étrangers; et on a tant de complaisance pour eux, que ces grands mots de propre substance du corps et du sang de Jésus- Christ tant affectés par Calvin , tant soutenus par ses dûsciples, si soigneusement conservés au synode de la Rochelle, et à la fin réduits à rien par nos Réformés, ne paraissent plus dans leur Confession de foi que pour être un monumnnt de l'impression de réalité et de substance que les paroles de Jésus-(;hrist avaient faites nalurellenient dans l'esjiril de leurs auteurs et dans celui de Calvin même.

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