Aci. auth. Blond., p. 59. — 2. Idem, p. (50. B. — T. III
l'approbation de ce livre , et à la fois la condamnalion de tous ceux qui ne voudraient pas y souscrire; en sorte qu'étant déclarés hérétiques, ils fussent exclus de la tolérance que l'empire avait accordée sur le sujet de la religion. Par ce moyen , tous les défenseurs du sens figuré étaient proscrits, et le •monstre de l'ubiquité soutenu dans ce livre était établi. Il était de l'intérêt de ces Eglises que l'on voulait condamner, de paraître alors nombreuses, puissantes et unies. On les décriait comme ayant chacune leur Confession de foi particulière; et les luthériens réunis sous le nom commun de la Confession d'Augsbourg, se portaient aisément à proscrire un parti que sa désunion faisait mépriser.
XV. On veut comprendre les luthériens dans cette commune Confession de foi. — On y couvrait néanmoins le mieux qu'on pouvait un si grand mal par des paroles spécieuses; et le député palatin disait , que toutes ces Confessions de foi, conformes dans la doctrine, ne différaient que dans la méthode, et dans la manière de parler. Mais il savait bien le contraire; et les dilTérences n'étaient que trop réelles pour ces Eglises. Quoi qu'il en soit , il leur importait, pour arrêter les luthériens , de leur faire voir leur union par une Confession de foi aussi reçue entre eux tous, que l'était celle d'Augsbourg dans le parti luthérien. Mais on avait un dessein encore plus général : car en faisant cette nouvelle Confession de foi commune aux défenseurs du sens figuré, on voulait chercher des expressions dont les luthériens défenseurs du sens littéral, pussent convenir, et faire par ce moyen un même corps de tout le parti qui se disait réformé. Les députés n'avaient point de meilleur moyen d'empêcher la condamnation dont le parti luthérien les menaçait. C'est pourquoi le décret qu'ils firent sur cette C07nmune Confession de fol fut tourné de cette sorte : « Qu'il la fallait faire claire , pleine et solide , » avec une claire et briève réfutation de toutes les » hérésies de ce temps; en tempérant néanmoins » tellement le style , qu'on attirât plutôt que d'ai- » grir ceux qui confessent purement la Confession » d'Augsbourg, autant que la vérité le pourrait » permettre'. »
XVI. Qualités de cette nouvelle Confession de foi. Députés nommés pour la dresser. — La faire claire, la faire pleine, la faire solide cette Confession de foi, avec une claire et courte réfutation de toutes les hérésies de ce temps, c'était une grande afi'aire; de beaux mots, mais une chose bien difficile, pour ne pas dire impossible, parmi des gens dont les sentiments étaient divers : surtout pour n'irriter pas davantage les luthériens si zélés défenseurs du sens littéral, il fallait passer bien légèrement sur la présence réelle, et sur les autres articles si souvent marqués. On nomma des théologiens bien instruits des maux de l'Eglise, c'est-à-dire des divisions de la Réforme, et des Confessions de foi qui la partageaient. Rodolphe Gaultier et Théodore de Bèze, ministres l'un de Zurich et l'autre de Genève, détalent mettre la dernière main à l'ouvrage, qu'on devait ensuite envoyer d toutes les Eglises pour être lu, examiné, corrigé et augmenté comme 071, le trouverait à propos.