‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 367 sur 545 · Col., II. M. — 2. S'jn, de Uop, cli. de la Conf. de foi · texte numérisé non relu

Col., II. M. — 2. S'jn, de Uop, cli. de la Conf. de foi

l'infinité de la propitiation faite à la croix : c'est seulement, comme parle le synode de la Rochelle, ne vouloir pas diviser des choses conjointes, et regarder tout ce qu'a fait Jésus-Christ dans sa vie, tout ce qu'il a fait dans sa morl, et tout ce qu'il fait encore, soit dans le ciel où il se présente pour nous à son Père, soit sur nos autels où il est prôsenl d'une autre sorte, comme la continuation d'une même intercession et d'une même obéissance, qu'il a commencée dans sa vie , qu'il a consommée dans sa mort, et qu'il ne cesse de renouveler et dans le ciel et dans les mystères , pour nous en faire une vive et perpétuelle application.

XXXI. Troisième décision. Formulaire et souscription ordonnée contre Piscator dans le synode de Privas (ll>12). — La doctrine de Piscator eut ses partisans. On ne trouvait rien contre lui dans les articles xvni , xx et xxn de la Confession de foi. En elTel, on abandonna les deux derniers, pour s'arrêter au xvHi° qui ne disait pas davantage, comme on a vu; et afin de pousser à bout Piscator et sa doctrine, on en vint dans le synode national de Privas, jusqu'à obliger tous les pasteurs à souscrire expressément contre Piscator, en ces termes : « Je soussigné, N...., » sur le contenu en l'article xvni de la Confession » de foi des Eglises réformées, touchant notre jus- » tification, déclare et proteste que je l'entends se-

» LON le sens reçu EN NOS EGLISES, APPROUVÉ PAR LES » SYNODES N.VTIONAUX , ET CONFORME A LA PAROLE DE

» Dieu : qui est que Notre Seigneur Jésus-Christ a » été sujet à la loi morale et cérémoniale, non-seu- » lemenl pour notre bien , mais en notre place ; et » que toute l'obéissance qu'il a rendue à la loi nous « est imputée; et que notre justification consiste » non-seulement en la rémission des péchés , mais » en l'imputation de la juslice active; et m'assujé- » TISSANT A LA PAROLE DE DiEU , je crois quc k Fils » de l'homme est venu pour servir, et non pour être » servi, et qu'il a servi pour ce qu'il est venu; pro-

» METTANT DE NE ME DÉPARTIR JAMAIS DE LA DOCTRINE » REÇUE EN NOS EGLISES, ET DE m'ASSUJÉTIR AUX RÉ- » CLEMENTS DES SYNODES NATIONAUX SUR CE SUJET. »

XXXII. L'Ecriture mal alléguée, et toute la doctrine mal entendue. — A quoi sert à la juslice imputée que Jésus-Christ soit tenu pour servir, et non pour être servi; et ce que fait ce passage venu tout à coup sans liaison au milieu de ce décret, le devine qui pourra. Je ne vois pas aussi à quoi nous sert l'imputation de la loi cérémoniale , qui n'a jamais été faite pour nous; ni pour quelle raison il a fallu ([ue Jésus-Christ y fût sujet non-seidement pour notre bien, mais en ncjtre place. Je comprends bien comment Jésus-Christ , ayant dissipé par sa mort les ombres et les figures de la loi , nous a laissés libres de la servitude des lois cérémonielles, qui n'étaient qu'ombres et figures : mais qu'il ait fallu pour cela qu'il y ait été sujet en noire place, la conséquence en serait pernicieuse : et on conclurait de même qu'il nous a aussi déchargés de la loi morale en l'accomplissant. Tout cela montre le peu de justesse de nos réformés, plus soigneux d'étaler de l'érudition, et de jeter en l'air de grands mots, que de parler avec précision dans leurs décrets.

.XXXIII. Quatrième décision contre Piscator au sjinode de Tonneins. — Je ne sais pourquoi l'afi'aire de Piscator tenait si extraordinaireinenl au cœur h

Page 1