‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 382 sur 545 · Sess. 31 , p. 112. — a. Idem · texte numérisé non relu

Sess. 31 , p. 112. — a. Idem

» mun de tout le monde, et résolu par ce décret, de » justifier et sauver tous ceux qui croiraient en » lui, et en même temps leur donner à tous les » moyens suffisants pour être sauvés; que per- » sonne ne périssait pour n'avoir point ces moyens, » mais pour en avoir abusé; que l'élection absolue 1) et précise des particuliers se faisait en vue de » leur foi et de leur persévérance future, et qu'il » n'y avait d'élection que conditionnelle ; que la » réprobation se faisait de même en vue de l'inli- 1) délité et de la persévérance dans un si grand » mal. »

XXIV. Doctrine des remontrants sur le baptême des enfants , et ce qu'ils en voulaient conclure. — Ils ajoutaient deux points dignes d'une particulière considération : l'un, que tous les enfants des fidèles étaient sanctifiés, et qu'aucun de ces enfants qui mouraient devant l'usage de la raison n'était damné; l'autre , qu'à plus forte raison, aucun de ces enfants qui mouraient après le baptême avant l'âge de la raison , ne l'était non plus'.

En disant que tous les enfants des fidèles étaient sanctifiés, ils ne faisaient que répéter ce que nous avons vu plus clairement dans les Confessions de foi calviniennes; et s'ils étaient sanctifiés, il était évident qu'ils ne pouvaient être damnés en cet état. Mais après ce premier article, le second semblait inutile, et si ces enfants étaient assurés de leur salut avant le baptême, ils l'étaient beaucoup plus après. Ce fut donc avec un dessein particulier, qu'on mit ce second article; et les remontrants voulaient noter l'inconstance des calvinistes, qui d'un côté, pour sauver le baptême donné à tous ces enfants, disaient qu'ils étaient tous saints et nés dans l'alliance , de laquelle par conséquent on ne leur pouvait refuser le signal : et qui, pour sauver de l'autre côté la doctrine de l'inamissibilité de la justice, disait que le Baptême donné aux enfants n'avait son efl"et que dans les seuls prédestinés; en sorte que les baptisés qui vivaient mal dans la suite, n'avaient jamais été saints, pas même avec le baptême qu'ils avaient reçu dans leur enfance.

Remarquez, je vous en conjure, lecteur judicieux, celle importante difficulté : elle porte coup pour décider sur l'inamissibilité; et il sera curieux de voir ce que dira ici le synode.

XXV. Déclaration des remontrants sur l'universalité de la rédemption. — A l'égard du second chef, qui regarde l'universalité de la rédemiilion, les remontrants disaient que « le prix payé par le » Fils de Dieu n'était pas seulement suffisant à » tous, mais actuellement ofl'ert pour tous et un » chacun des hommes; qu'aucun n'était exclu du » fruit de la rédemption par un décret absolu , ni » autrement que par sa faute; que Dieu , fléchi par » son Fils , avait fait un nouveau traité avec tous » les hommes, quoique pécheurs et damnés-. » Ils disaient que par ce trailé il s'était obligé envers tous à leur donner ces moyens suffisants dont ils avaient parlé; « qu'au resle la rémission des péchés » méritée <à tous n'était donnée actuellement que par » la foi actuelle; par laquelle on croyait actuelle- » ment eu Jésus-Chrisl » : par où ils faisaient entendre que qui perdait par ses crimes la foi actuelle qui nous justifie, perdait aussi avec elle la grâce

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