An. 12, p. 265. —2. Idem. — 3. Art. 0,p. 2G
dernier chapitre , qui est le plus important , puisqu'il y fallait expliquer précisément et à fond ce qu'on aurait à répondre aux reproches des remontrants sur la certitude du salut et l'inamissibilité de la justice.
Sur l'inamissibilité, voici ce qu'on dit : XLIV. Qu'on ne peut perdre la justice. Prodigieuse doctrine du synode. — « Que dans certaines » actions particulières, les vrais fidèles peuvent quel- » (piefois se retirer, et se retirent en effet, par leur » vice, de la conduite de la grâce, pour suivre la » concupiscence, jusqu'à tomber dans dos crimes » atroces ; que par ces péchés énormes ils ollen- » sent Dieu , se rendent coupables de mort , inter- » rompent l'exercice de la foi, font une grande » blessure à leur conscience , et quelquefois per- » dent pour un temps le sentiment de la grâce'. » () Dieu , est-il bien possible que dans cet état détestable ils ne perdent que le sentiment de la grâce, et non pas la grâce même , et ne la perdent que quelquefois! Mais il n'est pas encore temps de se récrier; voici bien pis : « Dieu, dans ces tristes » chutes, ne leur ôte pas tout a fait son Saint- » Esprit, et ne les laisse pas tomber jusqu'à déchoir
» de la GRACE de l' ADOPTION ET DE l'ÉTAT DE LA JUS-
). tification, ni jusqu'à commettre le péché à mort, » ou contre le Saint-Esprit, et être damnés*. » Quiconque donc est vrai fidèle, et une fois régénéré par la grâce , non-seulement ne périt pas dans ses crimes, mais dans le temps qu'il s'y abandonne,
IL NE DÉCHOIT pas DE LA GRACE DE l'ADOPTION ET DE
l'État de la justification. Pcut-on mettre plus clairement Jésus-Christ avec Bélial , cl la grâce avec le crime?
XLV. Dans quel crime le vrai fidèle ne tombe pas. — A la vérité le synode semble vouloir préserver les vrais fidèles de quelques crimes, lorsqu'il dit qu'ils ne sont pas délaissés jusqu'à tomber dans le péché à mort, ou contre le Saint-Esprit, que l'Ecriture nomme irrémissible : mais s'ils entendent par ces mots quelque autre péché que celui de î'impénitence finale, on ne sait plus ce que c'est : n'y ayant aucun pécheur, dans quelque désordre qu'il soit tombé, à qui on ne doive faire espérer la rémission de ses crimes. Laissons néanmoins au synode telle autre explication de ce péché qu'il voudra s'imaginer; c'est assez que nous voyions clairement, selon sa doctrine, que tous les crimes qu'on peut nommer, par exemple , un adultère aussi long et un homicide autant médité que celui d'un David , l'hérésie, l'idolâtrie même avec toutes ses abominations, où constamment, selon le synode, le vrai fidèle peut tomber, compatissent avec la grâce de l'adoption et l'état de la justification.
XLVI. Le synode parle nettement. — Et il ne faut pas dire que par cet état, le synode entende seulement le droit au salut qui reste toujours au vrai fidèle , c'est-à-dire selon le synode , au prédestiné, en vertu de la prédestination : car, au contraire, il s'agit ici du droit immédiat qu'on a au salut par la régénération et la conversion actuelle , et do l'état par lequel on est non pas destiné , mais en ell'et en [lossession tant de la vraie foi que de la jiislilication. La question est, en un mot, non pas