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ITISTOIIM': DES VARIATIONS.
» nie, vu qu'ils la rojcUcnt formellement' : » de sorle qu'il demeure pour constant qu'en niatiôre de religion il ne faut plus l'aire le procès à personne sur ce (ju'on tire de sa doctrine, quelque claire que paraisse la conséquence; mais sur ce qu'il avoue en termes l'ornicls.
XCA'It. Les cabnnistes n'avaient jamais fait de gemhlahli^ avance. — Jamais les sacramentaires n'avaient l'ait de si grande avance envers les lulliériens. La nouveauté de ce décret ne consiste pas à dire que la présence réelle et les autres dont on dispute entre les deux jiartis, ne regardent pas les fondements du salut; car il faut demeurer d'accord de bonne foi que dès le temps de la conférence de Marpourg-, c'est-à-dire, dès l'an 1529, les zwingliens offrirent aux luthériens de les tenir pour frères malgré leur doctrine de la présence réelle; et dès lors ils ne croyaient pas qu'elle fi!it fondamentale : mais ils voulaient que la fraternité fut mutuelle et égalemont reconnue de part et d'autre; ce qui leur étant refusé par Luther, ils demeurèrent de leur coté sans Icnir pour frères ceux qui ne voulaient pas prononcer le même jugement en leur faveur : au lieu que dans le synode de Gharenton, ce sont les sacramentaires seuls qui reconnaissent pour frères les luthériens , encore qu'ils en soient tenus pour excommuniés.
XGVIII. Date mémorable du décret de Charenton. — La date de ce décret de Charenton est mémorable : il fut fait en 1631. Le grand Gustave foudroyait en Allemagne, et à ce coup on crut dans toute la Réforme que Rome même allait devenir sujette au luthéranisme. Dieu en avait décidé autrement : l'année d'après, ce roi victorieux fut tué dans la bataille de Lutzen, et il fallut rétracter tout ce qu'on en avait vu dans les prophéties.
XCIX. Grand changement dans la controverse par ce décret. Il convainc les calvinistes de calomnie. —
Gependant le décret était l'ait, et les catholiques remarquaient le plus grand changement qu'on pût jamais voir dans la doctrine des prétendus réformés.
Premièrement, toute l'horreur qu'on avait inspirée au peuple contre la doctrine de la présence réelle a paru manifestement injuste et calomnieuse. Les docteurs en diront ce qu'il leur plaira : c'était jjrincipalemenl à la présence réelle que l'aversion des peuples était attachée. On leur avait représenté celle doctrine , non-seulement comme charnelle et grossière, mais encore comme brutale et pleine de barbarie, par laquelle on devenait des cyclopes, des mangeurs de chair humaine et de sang humain, des parricides qui mangeaient leur père et leur Dieu. Mais maintenant, depuis le décret de ce synode, il demeure i)Our constant que toutes ces exagérations, dont on avait longtemps fasciné les simples, sont calonmi(!Uses; et la doctrine ([u'on faisait passer l)our si impie et si inhumaine n'a plus rien de contraire à la piété.
G. Le sens littéral et la présence réelle nécessaire. — Dès-là môme elle devient Irès-croyable , et mémo très-nécessaire : car ce qui obligeait le plus à détourner le sens de ces paroles : Si vous ne mangez ma chair et si vous ne buvez mon sang''' ;
1 . Daillé, Apol., c. VII, 43, Id. Lellre à Moti'il. — 2- Ci-dessus, l. II, n. 45. — 3. Joan., vi, 54.
et encore celles-ci : Mangez , ceci est mon corps ; buvez , ceci est mon sang' à des sens spirituels et métaphoriques, c'est qu'elles semblaient induire au crime , en obligeant de manger de la chair humaine, et de lioire du sang humain : de sorte que c'était le cas d'interpréter spirituellement , selon la règle de saint Augustin, ce (|ui paraissait porter au mal. Mais, maintenant celle raison n'a plus môme la moindre apparence : tout ce crime imaginaire s'est évanoui , et rien n'empêche qu'on ne ])rennc au pied de la lellre la parole de notre Sauveur.
On avait fait horreur au peuple de la doctrine catholique, comme d'une doctrine qui détruisait la nature humaine en Jésus-Christ, et ruinait le mystère de son ascension. J\Iais maintenant on ne doit point être effrayé de ces conséquences, et on en est quitte pour les nier sans qu'on puisse les imputer à qui les nie.