CI. Le principal sujet de la rupture rendu vaiii
— Ces horreurs, qu'on avait mises dans l'esprit des peuples, étaient, à vrai dire, dans leur esprit le véritable sujet de leur rupture avec l'Eglise. Qu'on lise dans tous les actes des prétendus martyrs la cause pour laquelle ils ont souffert, on verra partout que c'est la doctrine contraire à la présence réelle. Que l'on consulte un Mélanchton, un Sturmius, un Peucer, tous les autres qui ne voulaient pas que l'on condamnât cette doctrine des zwingliens; leur principale raison fut, que c'était pour cette doctrine que mouraient tant de fidèles en P'rance et en Angleterre. En mourant pour celte doctrine, ces malheureux martyrs croyaient mourir pour un fondement de la foi et de la piété : maintenant cette doctrine est innocente, et n'exclut ni de la table sacrée, ni du royaume des cieux.
CIL La haine du peuple tournée contre la transsubstantiation, qui est bien moins importante. — Pour conserver dans le cccur des peuples la haine du dogme catholique, il a fallu la tourner contre un autre objet que la présence réelle. La transsubstantiation est maintenant le grand crime : ce n'est plus rien de mettre Jésus-Christ présent, de mettre un môme corps en divers lieux, de mettre tout un corps dans chaque parcelle : la grande erreur est d'avoir été le pain : ce qui regarde Jésus-Christ est peu de chose; ce qui regarde le pain est l'essentiel.
cm. Jésus-Christ n'est plus adorable dans l'Eucharistie, comme on le croyait auparavant. — On a changé toutes les maximes qui avaient jusqu'alors passé pour constantes touchant l'adoration de Jésus-Christ. Calvin et les autres avaient démontré que partout où Jésus-Christ, un objet si adorable, était tenu pour présent d'une présence aussi spéciale que celle qu'on reconnaissait dans l'Eucharistie, il n'était pas permis de le frustrer de l'adoration qui lui est due-. Mais maintenant, ce n'est ]ias assez que Jésus-Christ soit (luelque pari pour y être adoré; il faut qu'il commande qu'on l'adore; qu'il déclare sa volonté pour être adoré en tel lieu ou en tel élat^ : autrement tout Dieu qu'il est, il n'aura de nous aucun culte. Rien jikis, il faut qu'il se montre : « Si le corps de Christ est en un lieu
1. Mnlth., XXVI. 20, 27, 2S. — 2. Cont. Vestph. Cont Hc-shus.
— 'A. Dial. Uumhiisirf Jlorh. sur /e.S";/n. de Char., i, 24. EJusd. Dial., II. parc, cap. 7, Sedani, p. 21.