XXVII. L'article xxxi, où l'interruption du mi
U Inst., liv. IV, c. 2, n. 2.
nistère, et la cessation de l'Eglise visible est reconnue. — La même raison a obligé d'éluder encore le xxxi«, qui regarde la vocation des ministres. Quelque rebattu qu'il ait été, il en faut encore parler nécessairement , et d'autant plus qu'il a donné lieu à d'insignes variations même de nos jours. Il commence par ces paroles : Nous croyons (c'est un article de foi , par conséquent révélé de Dieu , et révélé clairement dans son Ecriture selon les principes de la Réforme, nous croyons donc que nul ne se doit ingérer de son autorité propre à gouverner l'Eglise : il est vrai , la chose est constante : mais que cela se doit faire par élection : cette partie de l'article n'est pas moins assurée que l'autre. Il faut être choisi, député, autorisé par quelqu'un : autrement, on s'ingère de soi-même et de son autorité propre : ce qu'on venait de défendre. Mais c'est ici l'embarras de la Réforme : on ne savait qui avait choisi, député, autorisé les réformateurs; et il fallait bien trouver ici quelque couverture à un défaut si visible. C'est pourquoi, après avoir dit qu'il faut être élu et député en quelque forme que ce soit, et sans rien spécifier, on ajoute, en tant qu'il est possible, et que Dieu le permet; où visiblement ou prépare une exception en faveur des réformateurs. En efi'et, on dit aussitôt après ; « laquelle exception » nous y ajoutons notamment, pour ce qu'il a fallu » quelquefois, même de notre temps auquel l'état » de l'Eglise était interrompu, que Dieu ail suscité » des gens d'une façon extraordinaire pour dresser » l'Eglise de nouveau qui était en ruine et désola- » lion. » On ne pouvait pas marquer en termes plus clairs ni plus généraux l'inlerruplion du minislère ordinaire établi de Dieu, ni la pousser plus loin que d'être obligé d'avoir recours à la mission extraordinaire, où Dieu envoie par lui-même, et donne aussi des preuves particulières de sa volonté. Car on avoue franchement qu'on n'a ici à produire ni pasteurs qui aient consacré, ni peuple qui ait pu élire : ce qui emportait nécessairement l'entière extinction de l'Eglise dans sa visibilité : et il était remarquable que, par l'interruption de la visibilité et du ministère, on avouait simplement que l'Eglise était en ruine, sans distinguer la visible d'avec l'invisible; parce qu'on était entré dans les idées simples où nous mène naturellemenl l'Ecriture, de ne reconnaître d'Eglise qui ne soit visible.
XXVIII. Embarras dans les synodes de Gap et de la Rochelle, sur ce que l'Eglise invisible avait été oubliée daris la Confession. — On aperçut à la fin cet inconvénient dans la Réforme, et en 1003, quarante-cinq ans après la Confession de foi , la difficulté fut proposée en ces termes au synode national de Gap : « Les provinces sont exhortées à peser aux » synodes provinciaux en quels termes l'article xxv » de la Confession de foi doit être couché; d'autant » qu'ayant à exprimer ce que nous croyons tou- » chant l'Eglise catholique dont il est faiî mention » au Symbole, il n'y a rien en ladite Confession » qui se puisse prendre que pour l'Eglise militante » et visible, b On ajoute un ordre général : o Que » tous viennent préparés sur les matières de l'E- » glise'. »
C'est donc un fait bien avoué, que lorsqu'il s'agit d'expliquer la doctrine de l'Eglise , article si cssen-