‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 411 sur 545 · XLIV. Nulle différence entre nos pères et nous · texte numérisé non relu

XLIV. Nulle différence entre nos pères et nous

— En elfet, on n'en rapporte que deux ; la première est qu'à présent il y a un corps dont on peut embrasser la communion; et c'est le corps des prétendus réformés : la seconde est, que l'Eglise romaine a passé en articles de foi beaucoup de dogmes qui n'étaient pas décidés du temps de nos pères'.

Mais il n'y a rien de plus vain ; et pour convaincre le ministre Claude, il n'y a qu'à se souvenir de ce que le ministre Claude vient de nous dire. Il nous a dit que les Bérengariens, les Vaudois , les Albigeois, les Viclélites, les Ilussites , etc., avaient déjà [)aru au monde comme « la plus illustre partie » de l'Eglise , parce qu'ils étaient la plus pure , la » plus éclairée, la plus généreuse^. » Il n'y a encore un coup qu'à se souvenir que, selon lui l'Eglise romaine « avait déjà donné de suffisants sujets )) de se retirer de sa communion par les anathèmes » contre Bérenger, contre les Vaudois et les Albi- » geois, contre Jean Viclef et Jean Hus, et par les » persécutions f|u'elle leur avait faites^. » Et néanmoins il avoue dans tous ces endroits qu'il n'était point nécessaire de s'unir avec ces sectes pour être sauvé, et que Rome contenait encore les élus de Dieu.

De dire que les luthériens et les calvinistes ont eu plus d'éclat , il n'y va que du plus et du moins, et la substance au fond demeure la même. Les décisions qu'on avait faites contre ces sectes comprenaient la principale partie de ce qu'on a depuis décidé contre Luther et Calvin; et sans parler des décisions, la pratique universelle et constante d'offrir le sacrifice de la messe , et de faire de cette oldalion la partie la plus essentielle du culte divin, n'était pas nouvelle; et il n'était pas possible de demeurer dans l'Eglise sans consentir à ce culte. On avait donc avec ce culte et toutes ses dépendances tous les aliments nécessaires sans soustraction d'aucun : on les peut donc avoir encore : M. Claude n'a pu le nier sans une illusion trop grossière; cl l'aveu qu'en a fait depuis M. Jurieu était forcé.

Joignons à cela que M. Claude , qui nous fait la diiïéreiice si grande entre les temps qui ont précédé

1. JJéf. de la Réf., p. 295; Rép. au dise, de M. de Cond., p. 370, p. 35S, etc. — 2. Déf. de lu Réf.. III. part., ch. 5, p. 289.

— 3 Rép. au, dise, de M. de Coni.,p. â68.

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