LIVRE XV
VARIATIONS SUR L'ARTICLE DU SYMUULE
sait aussi le sentiment et l'indifférence de Dominis. Aiircs le synode de Cliarenton , où les calvinistes reçurent les luthériens à la communion malgré la séparation des deux sociétés, c'était une nécessité de reconnaître une même Eglise dans des communions dilférentes. Les luthériens étaient fort éloignés de ce sentiment ; mais Calixle , le plus célèbre et le plus savant d'entre eux, lui a donné de nos jours la vogue en Allemagne, et il met dans la communion de l'Eglise universelle toutes les sectes qui ont conservé le fondement, sans en excepter l'Eglise romaine'. Il y a près de trente ans que d'Huisseau , ministre de Saumur, poussa bien avant la conséquence de cette doctrine. Ce ministre, déjà célèbre dans son parti pour en avoir publié la discipline ecclésiastique conférée avec les décrets des synodes nationaux, fit beaucoup plus parler de lui par le plan de réunion des chrétiens de toutes les sectes qu'il proposa en 1070; et M. Jurieu nous apprend qu'il eut beaucoup de partisans, malgré la condamnation solennelle qu'on fit de ses livres et de sa personne^. Depuis peu , M. Pajon, fameux ministre d'Orléans, dans sa réponse à la Lettre pastorale du clergé de France, ne crut pas pouvoir soutenir l'idée de l'Eglise que M. Claude avait défendue ; la catholicité, ou l'universalité de l'Eglise lui parut plus vaste que ne la faisait son confrère; et M. Jurieu avertit M. Nicole', « que quand il au- » rait répondu au livre de M. Claude, il n'aurait » rien fait s'il ne répondait au livre de M. Pajon; » puisque ces messieurs ayant pris des routes toutes » différentes , on ne les saurait payer d'une seule » et même réponse. »
LUI. Sentiments du ministre Jurieu. — Dans cette division de la Réforme poussée à bout sur la question de l'Eglise , M. Jurieu a pris le parti de M. Pajon; et sans s'elVrayer de la séparation des Eglises, il décide^ « que toutes les sociétés chrc- » tiennes qui conviennent en quelques dogmes, en » cela même qu'elles conviennent, sont unies au « corps de l'Eglise chrétienne, fussent- elles en I) schisme les unes contre les autres jusqu'aux épées