Syst., l. I, C.7, 8. —2. Idem, p. 55. — 3. Ibid., p
HISTOIRE DKS VARIATIONS.
contractée des les deux premiers siècles de l'Eglise, c'esl-ù-dire, dès l'origine du christianisme.
Il t'audra aussi avouer que cette doctrine de saint Cyprien sur l'unité de l'Eglise n'a pas été inventée à l'occasion de la rcbaplisalion des liéréti(iues; ])uis(iue le livre de l'unitcde l'Eglise, où la doctrine qui en e.Kclul les hérétiques el les schisniatiques est si clairement établie, a précédé la dispute de la reliaptisation : de sorte que saint Cyprien était entré naturellement dans celte doctrine ensuite de la tradition des deu.\ siècles précédents.
Il n'est pas moins assuré que toute l'Eglise avait embrassé aussi bien que lui cette doctrine, longtemps avant la dispute de la rebaptisation. Car cette dispute a commencé sous le pape saint Etienne. Or devant, et non-seulement sous saint Lucius son prédécesseur, mais encore dès le commencement de saint Corneille, prédécesseur de saint Lucius, Novatien et ses sectateurs avaient été regardés comme séparés de la communion de tous les évoques et de toutes les Eglises du monde', quoiqu'ils n'eussent pas renoncé à la profession du christianisme, et qu'ils n'eussent renversé aucun article fondamental. On tenait donc dès lors pour séparés de l'Eglise universelle, môme ceux qui conservaient les fondements, s'ils rompaient l'unité sous d'autres prétextes.
Ainsi c'est un fait indubitable que la doctrine combattue par M. Jurieu était reçue dans toute l'Eglise, non-seulement avant la querelle de la rebaptisation , mais encore dès l'origine du christianisme; et saint Cyprien s'en servit, non pas comme d'un nouveau fondement qu'il donnait à son erreur, mais comme d'un principe commun dont tout le monde convenait.
LXXII. Le minisire se contredit en mettant dans son sentiment le concile de Nice'e. — Le ministre a osé dire que ses idées sur l'Eglise sont celles du concile de Nicée , et conclut que ce saint concile ne rejetait pas tous les hérétiques de la communion de l'Eglise, à cause qu'il n'ordonnait pas de les rebaptiser tous^; car il ne faisait rebaptiser ni les novatiens ou cathares, ni les donatistes, ni les autres qui retenaient le fondement de la foi; mais seulement les paulianistes, c'est-à-dire, les sectateurs de Paul de Samosate, qui niaient la Trinité et l'Incarnation. Mais, sans attaquer le ministre par d'autres raisons , il ne faut écouter que luimême pour s'en convaincre. Il parle du concile de Nicée comme du plus imirersel qui ait jamais été lenu^ ; mais néanmoins qui ne le fut pas tout à fait, puisque les grandes assemblées des 7ioiJatiens et des donatistes n'y furent point appelées. Je ne veux que cet aveu pour conclure qu'on ne les regardait donc pas alors comme [lartie de l'Eglise universelle , puisqu'on ne songea seulement pas à les appeler dans un concile convoqué exprès pour la représenter.
Et, en effet, écoutons comme ce concile parle des novatiens ou cathares : Ceux-là, dit-iP, lorsqu'ils viendront à l'Eylise catholique. Arrêtons; l'alTaire est vidée : ils n'y sont donc point. Il ne parle pas en autres termes des paulianistes, dont il improuve
1. Epist. Cyp. ad Antonian., de, Edil. Bal., p. 06. — 2. Sj/sl., p. 61. — 3. Idem, p. 234. — -1. Conc. Nie, Cun. 8. ÏAibb., t. Il, col, I et seq.
le baiitème : Touchant les paulianistes , lorsqu'ils demandent d'être reçus dans l'Eglise catholique' : encore un coup, ils n'y sont donc pas selon l'idée de ces Pères, et le ministre en convient. Mais alin (|u'il n'ose plus dire que ceux dont on reçoit le baptême sont dans l'Eglise catholique , el non pas ceux dont on le rejette, le concile met également hors de l'Eglise catholique tant ceux dont il approuve le baptême, comme les novatiens, que ceux qu'il fait rebaptiser, comme les paulianistes; par conséquent , cette différence ne dépendait point du tout de ce que les uns étaient réputés membres de l'Eglise catholique, et les autres non.
Il en faut dire autant des donatistes, dont le concile de Nicée ne reçut pas la communion ni les évoques; et au contraire, il reçut dans ses séances Cécilien , évèque de Carthage , dont les donatistes s'étaient séparés de l'Eglise universelle.
Que le ministre nous vienne dire maintenant que les Pères de Nicée sont de son avis , ou que leur doctrine était nouvelle, ou que, lorsqu'ils prononcèrent contre les ariens cette sentence : La sainte Eglise catholique et apostolique les frappe d'anathème, ils les laissaient unis avec eux dans cette même Eglise catholique, et ne les chassaient seulement que d'une confédération volontaire et arbitraire qu'ils pouvaient étendre plus ou moins à leur gré : ces discours devraient paraître comme des prodiges.
LXXIII. Le minisire est condamné par les Symboles qu'il reçoit. — Le ministre range parmi les Symboles que tout le monde reçoit, ceux des Apôtres, de Nicée, et de Constantinople. On est d'accord en ell'et que ces trois Symboles n'en font qu'un, et que celui de ces deux premiers conciles oecuméniques ne l'ait qu'expliquer celui des Apôtres. Nous avons vu les sentiments du concile de Nicée. Le concile de Constantinople agit sur les mômes principes, puisqu'il chasse toutes les sectes de son unité : d'où il conclut, dans sa lettre à tous les évèques , que le corps de l'Eglise n'est pas divisé'^; et c'était dans ce même esprit qu'il avait dit dans son Symbole : Je crois une sainte Eglise , catholique et apostolique^ , ajoutant ce mot une à ceux de sainte et de catholique, qui étaient dans le Symbole des apôtres, et le fortiliant par celui d'apostolique , pour montrer que l'Eglise ainsi détînie , et parfaitement une par l'exclusion de toutes les sectes, était colle que les apôtres avaient fondée.
LXXIV. Le 7ninistre tâche d'affaiblir l'autorité du Symbole d.es apôtres. — Le lecteur intelligent attend ici ce que lui dira le hardi ministre sur le Symbole des apôtres, el sur l'article : Je crois l'Eglise catholique. On avait cru jusqu'ici, et même dans la Réforme, que ce Symbole, si unanimement reçu par tous les chrétiens, était un abrégé, et comme un précis de la doctrine des Apôtres et de l'Ecriture. Mais le ministre nous apprend toul le contraire : car après avoir décidé que les Apôtres n'en sont point les auteurs, il ne veut pas même accorder, ce que personne jusqu'ici n'avait nié, que du moins il ait été fait cnlièremenl selon leur esprit''. Il dit donc : « qu'il faul chercher le sens des
1. Can. 10. — 2. Conc. Constantin., episi . ad omn. Episc. I.abb., t. II, col. 965.-3. Idem, col. 953. — \. Pi-cj. léi/., cli . ■i,p. 27,28; Si/st.. p. 217.